Viol d'un enfant à Beaucaire : la cour criminelle du Gard alourdit la peine
Beaucaire : 14 ans requis contre un pédocriminel

Olivier Crambes, 66 ans, a été condamné ce jeudi 8 octobre par la cour criminelle du Gard à quatorze ans de réclusion criminelle pour avoir abusé d'un enfant de neuf ans lors d'une cousinade à l'été 2021 à Beaucaire. La peine prononcée dépasse de deux ans le réquisitoire de l'avocate générale, qui avait demandé douze ans de prison assortis de huit ans de suivi sociojudiciaire.

Des excuses renouvelées à l'audience

Avant le verdict, Olivier Crambes, déjà connu pour des actes de pédocriminalité, a présenté ses excuses à la victime, aujourd'hui âgée de 14 ans, qui l'écoutait sans croiser son regard. « Je lui demande pardon pour ce que j'ai fait, je ne suis vraiment pas fier de moi, je souhaite de tout cœur qu'il n'y ait aucune répercussion psychologique ou physique et qu'il pourra oublier tout ce qu'on a vécu ensemble », a-t-il déclaré.

Me Chloé Belloy, avocate de l'adolescent et de sa mère, parties civiles, a insisté sur la nécessité que « ce soit le dernier enfant de la série ». Elle a rappelé les mots du garçon de neuf ans, interrogé par l'enquêteur sur son ressenti : « Un mélange de plein d'émotions, sauf de la joie », avait-il répondu.

Des délais judiciaires anormaux pointés du doigt

L'avocate générale a requis douze ans de réclusion et huit ans de suivi sociojudiciaire, en rappelant les précédentes condamnations de l'accusé et ses longues périodes de suivi médical qui n'ont pas empêché son passage à l'acte. En revanche, elle n'a pas évoqué les six ans d'inaction judiciaire entre le signalement de la présence massive de vidéos de viols d'enfants dans son ordinateur en 2018 et son arrestation en 2024, ni les trois années écoulées entre la plainte de la mère et la mise en examen à Nîmes.

« L'affaire va rester silencieuse, tranquille pendant pas mal de temps », a-t-elle éludé. Ces dysfonctionnements font écho à l'affaire Lyhanna, qui a conduit la justice à promettre une transparence accrue. À l'audience, la présidente n'a pas abordé ces délais anormaux, ce qui a suscité l'indignation de la défense.

La défense dénonce un silence et s'interroge sur la récidive

Me Hugo Ferri, avocat de la défense, a dénoncé ce silence : « Le temps judiciaire dans ce dossier pose question, j'aurais aimé que par la voix de la société, on apporte d'autres réponses. Ce silence, on peut l'attribuer à une certaine forme de dysfonctionnement de la justice », a-t-il souligné, regrettant l'absence de réponse aux interrogations légitimes.

Me Florence Bourgeon, également en défense, a décrit la personnalité complexe de l'accusé : « Cela fait trois jours qu'il est très mal, même s'il n'exprime pas d'émotions envers les autres parties, parce qu'on lui a appris à se taire », a-t-elle expliqué. Elle s'est interrogée sur le sort réservé à de tels profils : « Les maisons d'arrêt bouillonnent de gens qui, lorsqu'ils vont sortir, iront encore bien moins. Combien de bombes à retardement chez les psychiatres ? Il ne faut pas le laisser seul avec les démons qui l'ont envahi. »

Après deux heures de délibération, la cour a décidé d'aller au-delà du réquisitoire : quatorze ans de réclusion criminelle, huit ans de suivi sociojudiciaire et une interdiction définitive de toute activité professionnelle ou bénévole avec des mineurs, sans toutefois prononcer de peine de sûreté.