Battles d'aura interdites dans un collège de Rennes
Battles d'aura interdites dans un collège de Rennes

La direction du collège Anne de Bretagne à Rennes a décidé d'interdire les battles d'aura, ces duels gestuels et parodiques qui rythment la mobilisation des lycéens, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'établissement. Dans un mail adressé aux parents d'élèves, la direction qualifie ce phénomène de « jeu dangereux » et prévient que « ces batailles peuvent avoir des conséquences importantes ».

Un phénomène né en Amérique du Sud

Les battles d'aura ont démarré cet été en Amérique du Sud avant de se propager en Europe depuis la rentrée. Le principe est simple : deux élèves se font face au milieu d'un cercle et s'affrontent à coups de gestes et de poses inspirés de la culture Web. Ces duels parodiques et pacifiques se gagnent à l'applaudimètre, les spectateurs désignant le participant qui dégage le plus de charisme. Sur les réseaux sociaux, le phénomène est devenu incontournable, notamment dans les cortèges de manifestations et devant les établissements bloqués.

Dans les blocus, des adultes se sont même prêtés au jeu. À Laval, un proviseur de lycée a rejoint la battle d'aura de ses élèves, tandis qu'à Mâcon, un policier s'est lâché en pleine rue, devenant la star des réseaux sociaux.

Les risques listés par la direction

Dans son mail, la direction du collège Anne de Bretagne liste les conséquences possibles : « moqueries, exclusion, atteinte à l'estime de soi, conflits entre élèves, violences, comportements de groupe inadaptés, bousculades, chutes, blessures… » Contactée par 20 Minutes, la direction n'a pas souhaité commenter cette interdiction, prise à la suite de plusieurs rassemblements spontanés dans la cour.

L'académie de Rennes confirme n'avoir communiqué aucune « instruction spécifique à ce sujet pour le moment ». D'autres établissements ont toutefois pris des mesures similaires ces derniers jours, comme à Agen (Tarn-et-Garonne) ou Riom (Puy-de-Dôme), où des collèges ont également interdit les battles d'aura en leur sein.

Une interdiction qui interroge

Cette décision soulève des questions sur la gestion de ce phénomène générationnel dans les établissements scolaires. Alors que certains y voient un simple divertissement, d'autres craignent des débordements. L'interdiction à Rennes pourrait faire jurisprudence, même si l'académie reste en retrait pour l'instant. Les prochaines semaines diront si d'autres collèges et lycées emboîtent le pas.