Le 15 septembre, une jeune maître-nageuse de la piscine intercommunale de Beaucaire-Tarascon a été grièvement blessée par une porte vitrée dégondée qui s'est effondrée sur elle. Hospitalisée dix jours, elle doit désormais rester alitée et porter un corset pendant trois mois. Son père, médecin, témoigne des blessures et de l'absence de nouvelles de la mairie.
Un accident aux conséquences lourdes
Jean-Paul Prévost, père de la victime et médecin, énumère les blessures de sa fille Angélina : « Traumatisme crânien, traumatisme facial, impact dentaire, fractures de deux lombaires, fracture du bassin, du nez, commotion cérébrale avec perte brève de connaissance ainsi qu'une petite lésion pleurale : elle a 90 jours d'ITT. » L'accident s'est produit alors qu'Angélina fermait une porte vitrée donnant sur le jardin extérieur. Selon son père, la porte, d'un poids « de 150 à 200 kg », s'est dégondée et lui est tombée dessus. « Elle aurait pu y rester. C'est grâce à la poignée, qui a maintenu un petit angle d'ouverture, qu'elle doit de ne pas avoir été totalement écrasée », poursuit-il.
La jeune femme a été transportée immédiatement à l'hôpital Carémeau, où après un passage en salle de déchocage, elle est restée hospitalisée dix jours. La sortie de l'hôpital ne marque pas la fin de l'épreuve : elle doit rester alitée et immobilisée, et devra porter un corset pendant trois mois. Ses parents, qui travaillent tous les deux, ont dû s'organiser pour qu'elle puisse bénéficier d'une assistance à domicile.
Des inquiétudes pour l'avenir professionnel
Si les lésions faciales semblent bien évoluer, ses parents sont plus inquiets sur d'éventuelles séquelles liées aux fractures des lombaires, ce qui pourrait impacter l'avenir professionnel de la jeune fille, dont le métier nécessite une pleine capacité physique. « Après les trois mois d'immobilisation, il y en aura au moins autant pour la rééducation », souligne Jean-Paul Prévost, qui évoque également un stress post-traumatique avec des cauchemars et des troubles du sommeil.
Au-delà des conséquences médicales, Jean-Paul Prévost s'estime « quand même un peu écœuré car personne de la mairie n'a pris de nouvelles d'Angélina après son accident. Dans le cadre de la procédure liée à l'accident du travail, je suis en lien avec le responsable de la piscine et nous avons eu un message de prompt rétablissement de la part de la Direction des Ressources humaines mais aucun appel téléphonique de la part de la mairie pour savoir comment allait ma fille. » Il poursuit : « J'ai cru comprendre que des techniciens sont passés le lendemain pour sécuriser les lieux. Je ne suis pas procédurier, je sais très bien que le maire ne peut pas passer tous les jours pour aller voir l'état des gonds d'une porte. Je ne sais pas si l'Inspection du travail a été saisie après cet accident grave. »
Le maire change de version
S'il comprend qu'un accident peut arriver, il souhaiterait s'assurer que cela ne se reproduise pas. Il a déposé une main courante auprès de la police et contacté la Fédération des maîtres-nageurs sauveteurs, mais pour l'heure sa priorité reste le rétablissement de sa fille.
Contacté par Midi Libre quelques jours après l'accident, le maire RN de Beaucaire, Nelson Chaudon, également président du syndicat intercommunal de la piscine Beaucaire-Tarascon, avait soutenu une version bien différente de celle portée par le témoignage de la victime et de son père. « Ce n'était pas un accident grave. Un enfant avait glissé le long de la piscine et tapé dans la porte, qui a accidentellement cogné la maître nageuse. Elle n'a même pas eu besoin d'aller à l'hôpital », soutenait-il le 18 septembre. Dix jours plus tard, suite à une nouvelle sollicitation après avoir recueilli de nouveaux éléments, son positionnement change et admet indirectement la véracité du témoignage de la victime : « C'est un sujet triste mais malheureusement qui aurait pu arriver n'importe où. C'est triste pour cet agent, à qui j'ai adressé tous mes vœux de prompt rétablissement. Les commissions de sécurité sont ok, et l'entreprise qui s'occupe de nos menuiseries est venue dès le lendemain pour condamner la porte et inspecter l'ensemble des menuiseries et me confirme que tout est conforme. »
Jean-Paul Prévost, père de la victime, confirme une nouvelle fois des vœux de rétablissement, cependant écrits du service des ressources humaines lors des échanges liés à l'accident de travail, et non directement du maire.