Un adolescent de 13 ans a été mis en examen vendredi 16 octobre, soupçonné d'avoir participé à la préparation de l'attaque armée survenue au collège Lakanal d'Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône. Ce deuxième mineur, également âgé de 13 ans, a été placé sous contrôle judiciaire, a indiqué une source judiciaire.
Un complice présumé originaire du Nord de la France
Ce jeune, originaire du Nord de la France, est mis en examen pour complicité de tentatives d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, et pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Il est soupçonné d'avoir été en contact avec le tireur présumé, un collégien de 14 ans, notamment sur le réseau social TikTok.
L'attaque a eu lieu le 12 octobre au collège Lakanal d'Aubagne, vers 9 h 20. L'assaillant, "intégralement vêtu de noir et ganté", selon le parquet national antiterroriste (Pnat), avait dissimulé une arme à feu dans un étui à guitare. L'intervention du conseiller principal d'éducation, qui est parvenu à le "désarmer", a mis fin à l'attaque.
Une enquête liée à la mouvance "True Crime Community"
L'assaillant a été mis en examen et écroué mercredi soir. Le deuxième mineur, lui, a été placé "sous contrôle judiciaire comprenant notamment l'obligation de respecter les conditions d'un placement en centre éducatif fermé", a précisé la source judiciaire. Ces mesures avaient été requises par le Pnat.
Les investigations doivent établir les responsabilités dans ce dossier où la justice antiterroriste fait un lien avec la mouvance "True Crime Community" (TCC), née en Amérique du Nord et fascinée par les tueries de masse. L'exploitation des supports numériques saisis lors de la perquisition au domicile de l'assaillant a révélé "l'utilisation par le mis en cause de nombreux comptes de réseaux sociaux sur Protonmail, Discord, Snapchat ou TikTok". L'un de ses comptes était "exclusivement dédié à la republication de contenus liés à cette communauté, d'une extrême violence et plus particulièrement relatifs aux tueries scolaires", selon le ministère public.
Une menace "marginale" mais surveillée
Le procureur antiterroriste Olivier Christen a relevé jeudi que la sphère TCC "est un point de préoccupation" mais constitue une menace "totalement marginale par rapport au reste de la menace terroriste". Il a précisé que "la menace jihadiste représente à peu près 88 % des procédures que nous avons, y compris pour les mineurs".
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a indiqué vendredi sur France 2 que "quelques dizaines" de jeunes en lien avec la mouvance TCC sont surveillés par les services de sécurité, ajoutant : "C'est un phénomène qui monte en France."