Attaque au gala de presse de Washington : le récit de deux journalistes françaises
Attaque au gala de presse : récit de deux journalistes françaises

Samedi soir, 20 h 30. Le tout-Washington célèbre le retour historique de Donald Trump à la table des journalistes, après des années de boycott. C'est la « Nerd Prom », le fameux dîner des correspondants. Des tirs éclatent à l'entrée de la salle de bal. Chaos instantané.

« Si un commando ouvre la porte, on est fichus »

Laurence Haïm, l'une des rares journalistes françaises accréditées aux conférences de presse de la Maison-Blanche et au Pentagone, se trouvait à l'intérieur de la salle pour BFMTV. « Juste derrière la porte », raconte-t-elle, « la presse étrangère était au fond ». La reporter n'a pas compris tout de suite qu'il y avait une attaque : « Je l'ai compris quand j'ai vu les gens se cacher sous les tables ». Elle a d'abord pensé à une tuerie de masse, comme celles qu'elle a couvertes si souvent, comme la fusillade de Columbine, 16 morts dont les deux tireurs en 1999. « Je me suis dit : si un commando ouvre la porte, on est fichus. On a tous eu très peur », raconte-t-elle.

« Je n'étais pas invitée au dîner »

Dorine Jarnias, sa collègue, diplômée de l'EDJ, l'école de journalisme de Nice en 2022, était à son hôtel. « J'ai sauté dans un taxi », dit-elle. Elle a traversé Washington embouteillée : « Ce n'était pas simple ». « J'ai eu de la chance, je suis arrivée au moment précis où le convoi présidentiel de Trump quittait les lieux », pose la journaliste de BFMTV qui a débuté sa carrière dans divers médias azuréens. « J'étais d'un côté là où il n'y avait que quelques journalistes, alors que de l'autre côté ils étaient très nombreux. On nous a dit de rentrer pour un brief press », explique la jeune reporter. Elle assiste alors aux premières étapes de l'enquête fédérale : « J'ai vu le FBI travailler. Ils nous ont laissés faire. C'était une soirée intense ».

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« Il y a eu une faille »

Une enquête qui va devoir déterminer comment le suspect, Cole Tomas Allen, un ingénieur de 31 ans sans casier, a réussi à s'introduire avec un arsenal complet en se faisant passer pour un client. Il a été neutralisé dans la foulée. « Il y a eu une faille, c'est sûr », commente Laurence Haïm qui, avec Dorine, a multiplié toute la nuit et la matinée, les directs pour BFMTV. L'assaillant présumé sera présenté à un juge dès ce lundi. Donald Trump a dénoncé devant la presse un « loup solitaire malade ».

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