Le tribunal judiciaire de Grasse a condamné Zourab T., un ressortissant russe de 32 ans, à quatre ans de prison ferme avec maintien en détention, pour détention d'armes, participation à une association de malfaiteurs et trafic de stupéfiants. La peine est plus sévère que les réquisitions du parquet, qui demandait 30 mois.
Une enquête discrète et une surveillance fructueuse
L'affaire débute en avril 2026 grâce à un renseignement anonyme. La police met en place une surveillance discrète et repère Zourab T. avenue de la Roubine, vers 19h00, alors qu'il récupère une valise remise par une inconnue. L'homme, auto-entrepreneur dans l'événementiel, réside en France depuis 2004 et parle parfaitement français. Son casier judiciaire comporte déjà trois mentions.
Saisie initiale et interpellation
Le 16 avril 2026, Zourab T. est appréhendé dans une zone industrielle, près d'un fourgon avec deux autres suspects finalement mis hors de cause. Dans le véhicule, la police découvre la valise dissimulée sous une couverture, contenant des pochons de cocaïne, une balance de précision, une arme de poing et un chargeur de calibre 7,65 mm.
Une « caverne d'Ali Baba » criminelle
La perquisition du domicile et d'un box en sous-sol révèle un véritable arsenal : plusieurs armes de gros calibre, de nombreuses munitions, un silencieux, un taser et un gilet pare-balles tactique. Plus surprenant, le suspect détenait du matériel réservé aux forces de l'ordre : un brassard de la Gendarmerie, une radio calée sur les fréquences de la police et un tampon officiel Marianne. Huit montres de luxe, dont l'authenticité reste à vérifier, complètent la saisie.
Les explications du prévenu
À la barre, Zourab T. a minimisé son rôle : « Je suis juste un racketteur de dealers ». Il a affirmé avoir acheté le brassard à un policier municipal à la retraite pour 530 euros. La procureure a contesté cette version, le présentant comme un maillon clé : « Il fait partie d'une bande dont il pourrait assurer la logistique en gardant du matériel. Il prétend avoir volé la valise, il est juste plus malin que les autres. »
Une condamnation plus lourde que requis
La défense, par Me Morgane Oleksy, a plaidé la bonne foi relative de son client, rappelant sa collaboration à l'enquête et le fait que « le moindre objet acquis est aussitôt revendu sans autre projet ». Malgré cela, le tribunal a prononcé une peine de quatre ans de prison ferme, avec maintien en détention, alourdissant les réquisitions du parquet.



