Un Vauclusien arrêté sur un point de deal à Alès après une rencontre sur internet
Ce lundi 16 février, un homme de 39 ans originaire du Vaucluse a comparu en comparution immédiate devant le tribunal d'Alès. Son arrestation, survenue le 14 février, jour de la Saint-Valentin, sur un point de deal bien connu de la rue Lavoisier, aux Prés Saint-Jean, a mis en lumière une affaire aux circonstances singulières.
Une surveillance policière qui tourne à l'interpellation
Comme l'a relaté le président du tribunal Simon Lanes, les policiers procédaient à une surveillance de routine vers 18h45 lorsqu'ils ont remarqué un individu diriger des clients vers un immeuble et même aller chercher de la drogue pour un dealer. Les forces de l'ordre sont immédiatement passées à l'action et ont interpellé cet homme, sans domicile fixe, venu d'Avignon la veille.
Depuis le box des prévenus, l'homme a expliqué sa présence à Alès : "J'avais rencontré une femme d'Alès sur les réseaux". Sous curatelle depuis deux mois, il avoue s'être "vite attaché" à elle. Il détaille ensuite les raisons de son implication dans le trafic : "J'avais du manque et pour avoir ma consommation, on m'a proposé de faire ça […] Je voulais juste être rabatteur ou guetteur. Je ne voulais pas toucher à ça…".
Une sacoche révélatrice et des antécédents lourds
Malgré ses déclarations, l'homme a manipulé une sacoche contenant 57 grammes de résine de cannabis et 86 grammes de cocaïne, poids des contenants inclus. Tatoué sur le visage et les mains, il cumule neuf mentions au casier judiciaire. Il persiste à affirmer : "Ils ne m'ont pas laissé le choix. Je suis juste allé chercher ce qu'ils me demandaient…".
Le substitut du procureur Quentin Larroque a souligné que cette affaire, bien qu'habituelle à Alès, se complexifie par la personnalité et les antécédents du prévenu, consommateur de stupéfiants depuis vingt-cinq ans. "Pour avoir sa dose, il est prêt à toutes les compromissions", a-t-il affirmé, requérant dix-huit mois d'emprisonnement, dont six avec sursis probatoire, un mandat de dépôt et une interdiction de séjour de trois ans dans le Gard, qualifiant l'incarcération de "sevrage".
La défense dénonce une manipulation
L'avocat de la défense, Me Karim Derbal, a pointé du doigt la position de son client, "tout en bas de l'échelle", et l'inefficacité de telles arrestations : "Toutes ces arrestations ne changent rien. Il y a toujours quelqu'un sur les points de deal". Il a invité les magistrats à considérer la personnalité naïve de son client, qui tente de surmonter ses addictions et s'est rendu à Alès pour une femme, lançant cette phrase choc : "Vous avez tous les éléments d'une manipulation !".
Verdict du tribunal
Le tribunal a finalement condamné le Vauclusien à un an d'emprisonnement, dont la moitié avec sursis probatoire, avec mandat de dépôt. Une interdiction de séjour dans le département du Gard pour une durée de cinq ans a également été prononcée. Cette décision met un terme à une affaire qui illustre les liens troubles entre rencontres virtuelles, addiction et trafic de stupéfiants dans le paysage judiciaire alésien.



