Blocus à Antibes : débordements violents dans le centre-ville
Antibes : violents débordements lors du blocus des lycées

Ce jeudi 1er octobre 2026, trois lycées d'Antibes (Jacques-Dolle, Jacques-Audiberti, Léonard-de-Vinci) ont été bloqués lors d'une nouvelle journée de mobilisation lycéenne. Les débordements ont été particulièrement violents dans le centre-ville, avec des feux de conteneurs, des dégradations de mobilier urbain et un policier hospitalisé. Malgré un calme initial, la situation a rapidement dégénéré, contraignant les forces de l'ordre à utiliser des grenades lacrymogènes.

Un blocus qui démarre dans le calme

Dès 7h30, près de 600 élèves se sont regroupés sur le boulevard du Président-Wilson, sous le buste de l'écrivain Jacques Audiberti, sous le regard d'une dizaine de policiers. L'ambiance était alors « bon enfant », selon les témoignages. Un groupe de lycéens, drapeaux de l'Union syndicale lycéenne (USL) en main, confiait : « Ici, à Audiberti, on souhaite montrer l'exemple d'une mobilisation respectueuse. » Des mégaphones tentaient d'apaiser les esprits : « Pas de pétards, rien ! Ça va juste provoquer la police », avant de scander « On veut le Bac, pas la Bac » et « Macron démission ».

La situation se dégrade rapidement

En milieu de matinée, l'équilibre est rompu. Un petit groupe d'individus masqués cherche à électriser le blocus, tandis que des conteneurs et des vélos électriques s'embrasent sous les acclamations. Les forces de l'ordre, initialement en nombre limité, peinent à contenir la foule. « Avec seulement dix effectifs, impossible de contenir tous ces jeunes », regrette le commissaire Jean-Robert Robin. Des renforts de CRS de Cannes et de Cagnes-sur-Mer sont attendus, mais un cortège sauvage se forme en direction de l'avenue Jules-Grec, près du pôle d'échanges d'Antibes, pour tenter de rejoindre les manifestants du lycée Dolle.

Un cortège dévastateur et des tensions croissantes

Le cortège, incontrôlable, dégrade tout sur son passage : abribus, conteneurs, devantures de commerces. La circulation n'ayant pas été coupée, les voitures roulent au pas, voire slaloment au milieu des jeunes. La police tente de baliser le parcours, mais les manifestants parviennent à se rejoindre sur l'avenue. Acculé au pied du théâtre Anthéa, le cortège se disperse après des tirs de grenades lacrymogènes. Un policier est hospitalisé après avoir eu l'audition abîmée par un tir de mortier, selon le commissariat d'Antibes.

Des dégâts matériels et un retour au calme difficile

Les sapeurs-pompiers sont intervenus pour éteindre plusieurs incendies, dont un important devant l'entrée du lycée Jacques-Audiberti. La Ville déplore la dégradation d'un petit Carrefour City près de la gare SNCF et a organisé une réunion avec le responsable. Un professeur, dubitatif, doute que les fauteurs de troubles soient des élèves : « Je doute fortement que l'individu cagoulé, qui vient de projeter un extincteur, fasse partie de nos élèves. » La veille, nombre de casseurs n'étaient d'ailleurs pas scolarisés, selon nos informations. Les derniers manifestants se sont éparpillés aux alentours de midi, laissant place à un difficile retour à la normale.