À Antibes, des lycéens venus manifester pacifiquement jeudi 1er octobre devant le lycée Jacques-Audiberti ont vu leur action être perturbée par un groupe de jeunes casseurs. Alors que des pancartes exprimaient des revendications comme « Majeur et vacciné, mais puni de tel au lycée » ou « On n'a pas envie de se faire tabasser, mais on veut apprendre ! », la situation a dégénéré avec l'arrivée de fauteurs de troubles.
Des dégradations qui « décrédibilisent » le mouvement
Des adolescents masqués ont empilé et brûlé des containers devant l'établissement, tandis que des mortiers d'artifice ont semé la panique dans la foule. Une jeune femme, membre d'un collectif nommé Jeunesse Antifa, a exprimé son exaspération : « L'objectif est de bloquer l'accès aux cours de manière responsable. Les dégradations commises sont inacceptables et décrédibilisent totalement le mouvement lycéen. »
Deux lycéennes, venues avec l'autorisation de leurs parents, ont préféré quitter les lieux : « Nous refusons d'être associées à de la casse ou de subir des gaz lacrymogènes. » Selon le commissariat, le lycée Jacques-Dolle avait déjà été fortement perturbé la veille « par un groupuscule très mobile ».
Des revendications constructives confisquées
Une lycéenne du collectif a fustigé ces actes : « Nous le répétons fermement, ces actes sont contre-productifs et nous pouvons parfaitement nous faire entendre à l'aide d'un mégaphone. » Ses voisines ont dénoncé une « prise d'otage » de leurs revendications : « La majorité des élèves est venue porter des idées constructives, mais leur parole se trouve confisquée par les dégradations. »
Les élèves du lycée Audiberti ont notamment exprimé leur colère « face au fonctionnement de Parcoursup et au manque de moyens alloués à l'enseignement ». Une lycéenne a souligné : « La revalorisation salariale insuffisante des professeurs entraîne des situations d'épuisement professionnel et des démissions, nous laissant sans enseignants à l'approche des épreuves du baccalauréat. »
Un appel à la responsabilité et des tensions persistantes
Une élève de terminale a confié son souhait d'« éviter aux générations futures, notamment à ma sœur qui sera lycéenne dans deux ans, d'avoir à subir tous ces problèmes », espérant aussi une revalorisation du Pass culture. Mais d'autres lycéens ont justifié la violence : « À quel moment de l'histoire avez-vous vu ce genre de situation évoluer dans le bon sens et sans violence ? Jamais. Tout le monde ici soutient ceux qui cassent. »
Un groupe d'amis vêtus de noir a toutefois affirmé : « Ce n'est pas notre but de tout casser. L'idée est juste de montrer que l'on n'est pas contents. Tout casser ne servirait à rien et ça retomberait sur les impôts de tout le monde. » Sur Pronote, le logiciel interne piraté jeudi après-midi, un message consulté par Nice-Matin indiquait : « Lorsque la parole ne suffit plus, les élèves cherchent d'autres moyens pacifiques de se faire entendre. Le blocus est devenu l'un de ces moyens de mobilisation. »
Au niveau départemental, le Service d'incendie et de secours des Alpes-Maritimes (Sdis 06) a recensé dans la matinée 26 feux de poubelles, de détritus ou de végétaux, 12 feux de deux-roues et un feu de véhicule. Plusieurs lycées resteront fermés ce vendredi pour éviter de nouveaux incidents, l'enseignement se fera en distanciel.