Chiots et chats affamés à Coaraze : trois associations portent plainte
Animaux affamés à Coaraze : trois associations portent plainte

Quatre chiens et une vingtaine de chats ont été découverts dans un état d'amaigrissement extrême, privés de nourriture et d'eau, enfermés dans un logement insalubre à Coaraze, dans la vallée des Paillons. Trois associations de protection animale — Les Papattes Villeneuvoises, Au bonheur des loulous et Coup de cœur Coup de pattes — ont déposé plainte pour maltraitance animale, selon les informations rapportées par Nice-Matin.

Un signalement fin septembre, une plainte le 1er octobre

L'affaire a débuté par un signalement transmis fin septembre à Marie Pelou, présidente des Papattes Villeneuvoises. Des photos et vidéos de l'intérieur du logement lui ont été adressées par une personne de l'entourage de la propriétaire, qui aurait filmé les lieux. Le 1er octobre, Marie Pelou s'est rendue à la gendarmerie de Contes pour déposer plainte. « Ces photos et ces vidéos, une horreur. Ces chats et chiens, c'étaient des petits squelettes. Il y en a même un ou deux, on se demande s'ils ne vont pas mourir », s'alarme-t-elle.

Selon son témoignage, la propriétaire, une femme d'une quarantaine d'années, « restait parfois 10 à 15 jours sans venir pour les alimenter ». Les animaux étaient laissés seuls, enfermés dans la maison, parfois jusqu'à quinze jours, selon les témoignages recueillis par les associations. Les déjections jonchaient le sol des pièces, et un chat a été retrouvé mort sur un parking voisin. Des cadavres auraient également été découverts dans le jardin, faisant craindre, selon l'association, l'existence d'un « véritable charnier ».

Une prise en charge contestée : fourrière contre familles d'accueil

Face à cette urgence vitale, les associations avaient mobilisé des familles d'accueil et prévenu des vétérinaires pour hospitaliser et soigner immédiatement l'ensemble des animaux. Mais tout ne s'est pas passé comme prévu. « On a appris il y a quelques jours que les quatre chiens ont été placés en fourrière », décrit Marie Pelou. Une décision vivement contestée par les associations : « Leur état ne permet pas d'être mis en boxes. Nous, ce sont des familles d'accueil qu'on leur proposait, pas des grilles. On avait les capacités d'accueil pour tous les chats et les chiens et on les aurait emmenés directement en hospitalisation ».

Selon les associations, six chats ont également été récupérés, mais une quinzaine d'autres seraient encore dans le logement. Elles réclament le retrait de tous les animaux et une « interdiction totale de détenir un animal » à l'encontre de la propriétaire. Celle-ci aurait par ailleurs nettoyé la maison après avoir été informée d'une convocation par les gendarmes. L'association demande que les photos et vidéos antérieures soient conservées comme preuves.

Le maire confirme l'abandon et décrit une propriétaire « perturbée »

Joint par Nice-Matin, le maire de Coaraze, Fabien Guglielmino, confirme que les animaux étaient « à l'abandon depuis un grand moment ». Il décrit la propriétaire comme « une personne maintenant assez perturbée » qui avait l'habitude de recueillir des animaux. La police municipale a établi un rapport transmis à la gendarmerie et au procureur de la République, indique-t-il.

Les associations dénoncent « des faits d'une extrême gravité » et « non pas une négligence ponctuelle, mais une privation répétée et prolongée de nourriture, d'eau et de soins ». Elles souhaitent que l'enquête détermine l'étendue et la durée des faits dénoncés. Sollicités par Nice-Matin, la gendarmerie et le parquet de Nice n'ont pas répondu à ce stade.