Menotté à une barrière du centre communal d’action sociale (CCAS) de Fleurance, dans le Gers, Marc Alexandre, ancien militaire de 48 ans, a entamé une grève de la faim ce mardi 6 octobre. Il réclame le droit d’épouser sa compagne, Marie-Ange, avec qui il vit depuis plus de dix ans. Son geste vise à dénoncer un blocage administratif : bien que divorcé depuis 2008, il apparaît toujours comme marié sur son acte d’état civil, ce qui empêche la mairie d’enregistrer son dossier de mariage.
Un combat pour protéger sa compagne
Marc Alexandre, bénéficiaire de l’allocation aux adultes handicapés, explique vouloir protéger Marie-Ange, âgée de 56 ans, en cas de décès. « Je me battrai corps et âme pour qu’on soit mariés », assure-t-il à nos confrères de La Dépêche du Midi. L’enjeu est concret : le mariage permettrait à sa compagne, aide médico-psychologique à l’hôpital de Fleurance, de bénéficier de sa pension de réversion militaire. Marie-Ange confie : « Il m’a demandé en mariage pour me protéger. J’ai accepté. J’ai perdu mon fils unique. Si je n’ai pas Marc Alexandre, je suis toute seule ».
Une erreur d’état civil qui bloque tout
Le projet de mariage se heurte depuis des mois à un problème administratif. Divorcé après une première union à Épinal, Marc Alexandre apparaît toujours comme marié sur son acte d’état civil. Il qualifie cette situation d’« erreur d’écriture » : « Je ne mens pas sur ce qui est écrit : je suis bien ancien combattant, je suis bien retraité des armées, je suis bien handicapé à plus de 50 % et il y a bien un juge qui a prononcé mon divorce il y a 18 ans ». Il dispose pourtant d’un jugement du tribunal d’Épinal prononçant la dissolution de son mariage et ordonnant que le divorce soit mentionné sur les actes concernés. La cour d’appel de Nancy atteste également que cette décision n’a pas été contestée.
La mairie se dit liée par les textes
Tant que la mention n’est pas portée sur l’état civil de Marc Alexandre, la mairie de Fleurance affirme ne pas pouvoir enregistrer son dossier. Le maire Grégory Bobato explique : « On suit les textes », et assure que la procédure pourra reprendre dès que l’acte aura été régularisé. Après plusieurs semaines de démarches, Marc Alexandre dit avoir épuisé toutes les recours. Attaché devant le CCAS, il veut rendre visible son combat : « Je veux épouser ma femme, elle m’a dit oui, j’irai jusqu’au bout ».