Une habitante de Plachy-Buyon (Somme), âgée de 83 ans, ne pourra pas faire reposer son compagnon décédé auprès de ses parents et de ses deux filles dans le caveau familial du cimetière du Petit Saint-Jean à Amiens. La Ville d'Amiens n'a pas accordé de dérogation, et l'octogénaire devra se recueillir dans deux cimetières différents, comme le rapporte Le Courrier Picard.
Un souhait contrarié par un obstacle administratif
L'homme est décédé le 25 septembre dernier à l'âge de 73 ans. Le couple avait vécu ensemble pendant 44 ans, sans jamais officialiser son union. Au moment d'organiser les obsèques, l'octogénaire souhaitait faire sceller l'urne de son compagnon sur la dalle du caveau familial, où reposent déjà ses parents et ses deux filles. Elle-même prévoit d'y être inhumée plus tard. « Il était normal qu'il soit là et pas seul comme un malheureux ailleurs », explique-t-elle.
Mais la concession a été achetée par les parents de l'octogénaire, et le défunt ne figure pas parmi les bénéficiaires. C'est le maire de la commune du cimetière qui délivre l'autorisation d'inhumer. Elle a donc sollicité une dérogation auprès de la Ville d'Amiens, en se rendant en mairie le lundi 28 septembre.
Une solution de repli faute de réponse
Le calendrier était serré : la messe était prévue le mercredi 30 septembre, suivie de la crémation le lendemain. « Tout cela a ajouté du stress alors que j'éprouvais déjà beaucoup de peine et de chagrin », a confié l'octogénaire au Courrier Picard. Sans garantie de réponse favorable, elle a envisagé une alternative : un cavurne, une petite sépulture destinée aux urnes, dans le cimetière de Plachy-Buyon. Aucune réponse de la mairie d'Amiens n'étant arrivée avant les cérémonies, elle a considéré cela comme un refus.
« C'est honteux ! Qui cela aurait-il pu gêner ? Je vais devoir aller dans deux cimetières pour me recueillir. » Sa petite-fille résume : « L'amour n'a pas besoin d'être écrit sur un papier. »
La municipalité se justifie
Sollicitée, la municipalité d'Amiens dit comprendre la peine de la famille, mais rappelle que les bénéficiaires d'une concession sont fixés par l'acte et ne peuvent plus être modifiés après un décès. Elle indique que ses services ont examiné la demande et accompagné la famille, et que la dérogation n'avait plus lieu d'être dès lors qu'une autre solution avait été choisie.
L'octogénaire ne compte pas en rester là. Dès qu'elle aura repris des forces, elle a l'intention de demander un rendez-vous au maire d'Amiens pour faire valoir sa demande.