Alès : un prévenu lunaire jugé pour le rétroviseur vandalisé d'un agent de sécurité
Alès : un prévenu jugé pour un rétroviseur vandalisé

Un prévenu au comportement lunaire devant la justice alésienne

Un quinquagénaire de 54 ans, résidant à Alès dans le Gard, a comparu ce jeudi 19 février en comparution immédiate pour des faits de vandalisme sur un véhicule. L'homme est accusé d'avoir cassé, le mardi 17 février, le rétroviseur gauche de la voiture appartenant à l'agent de sécurité du palais de justice d'Alès. Le véhicule était stationné sur le trottoir du boulevard Louis-Blanc, à proximité immédiate du tribunal.

Une audience marquée par la provocation et l'humour

Assis sur un banc de la salle d'audience, le prévenu n'a pas caché son impatience alors que les juges délibéraient sur l'affaire précédente. "Oh ! C'est fini la pause-café, là ?" a-t-il grommelé, installant d'emblée un climat de tension. Face au président de l'audience Vincent Edel, l'homme s'est montré particulièrement provocant, multipliant les réparties cinglantes et les sourires narquois.

La scène des faits, filmée par une caméra de surveillance, a été diffusée sur les écrans de la salle. On y voit le prévenu s'appuyer contre le véhicule avant que le rétroviseur ne se détache. Interrogé sur ses gestes, l'homme a rétorqué : "Pourquoi pas ? J'ai touché avec mon coude ; je n'ai pas donné un coup. C'est un réflexe. Le rétro est tombé tout seul. C'est tout pourri."

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Des antécédents et un contentieux personnel

L'audience a révélé que le prévenu nourrissait une rancœur particulière envers l'agent de sécurité, lui reprochant de lui refuser régulièrement l'accès au tribunal. Me Joris Numa, avocat de la partie civile, a rappelé qu'un incident similaire s'était produit quelques jours plus tôt, sans conséquence matérielle cette fois.

Le substitut du procureur a dénoncé le "je-m'en-foutisme total" de l'accusé, qualifiant son attitude de "jeu d'acteur digne d'un Oscar". Il a requis dix mois d'emprisonnement, dont la moitié avec sursis probatoire, soulignant que l'homme était en récidive et comptait déjà dix mentions sur son casier judiciaire.

Une défense axée sur la santé mentale

Me Karim Derbal, avocat de la défense, a présenté son client comme "une personne en souffrance" plutôt que comme un danger public. Il a évoqué les troubles bipolaires du prévenu et une expertise psychiatrique reconnaissant une altération de son discernement. "Ce n'est pas un danger public qui erre dans nos rues à Alès. On en a connu !" a-t-il plaidé, ajoutant que son client avait été "le clown de service lors de son défèrement" et faisait "rire les policiers".

L'avocat a également contesté l'intention de dégrader, affirmant que "la vidéo ne permet pas de lever le doute de façon raisonnable" quant à la volonté délibérée de causer des dommages.

Une condamnation adaptée à la situation

Après délibération, le tribunal a finalement condamné le quinquagénaire à huit mois de prison avec sursis probatoire, une peine inférieure à celle requise par le parquet mais tenant compte à la fois des faits et de l'état psychiatrique du prévenu. Cette décision illustre la complexité de juger des personnes présentant des troubles mentaux tout en répondant à des actes de vandalisme avérés.

L'affaire, qui a mobilisé l'attention du tribunal d'Alès pendant toute une audience, met en lumière les défis auxquels la justice est confrontée lorsqu'elle doit traiter des cas où pathologie psychiatrique et infraction pénale se croisent.

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