Alès : relaxe pour un homme malgré son ADN sur une voiture bélier
Alès : relaxe pour un homme malgré son ADN sur une voiture bélier

Un homme de 24 ans, déjà connu pour des faits de délinquance, a été relaxé vendredi par le tribunal correctionnel d’Alès. Il était poursuivi pour une série de cambriolages commis en octobre 2021 à Saint-Christol-lez-Alès et Saint-Privat-des-Vieux. Bien que son ADN ait été retrouvé sur le frein à main d’un véhicule volé, les juges ont estimé que les preuves étaient insuffisantes pour le condamner.

Une série de cambriolages en octobre 2021

Les faits remontent à octobre 2021. Plusieurs cambriolages sont commis en zone police, à Saint-Christol-lez-Alès, et en zone gendarmerie, à Saint-Privat-des-Vieux. Les enquêteurs relèvent des similitudes entre ces affaires. Les procédures sont regroupées et une information judiciaire est ouverte.

Le 15 octobre, une BMW est volée lors du cambriolage d’une maison à Saint-Christol. Ce véhicule est ensuite utilisé pour un autre vol le 29 octobre à Saint-Privat. Cette nuit-là, la BMW sert de voiture bélier pour détruire le portail d’une propriété. Un coffre-fort de 250 kg est emporté, puis retrouvé dans la campagne environnante, à demi carbonisé. Divers objets de valeur et un Citroën Berlingo sont également dérobés.

Une goutte de sang sur la baie vitrée

Le 30 octobre, la BMW est retrouvée incendiée à Saint-Privat. La même nuit, un autre cambriolage se produit à Saint-Christol. Le Berlingo est retrouvé devant une maison, avec de l’essence déversée dans l’habitacle, mais sans avoir été incendié. Cette découverte permet aux enquêteurs de rechercher des traces ADN. Une goutte de sang sur une baie vitrée est exploitée : elle met en évidence la présence d’un mineur de 16 ans au moment des faits. L’ADN du jeune homme de 24 ans est identifié sur le frein à main du véhicule.

À la barre du tribunal correctionnel d’Alès, le prévenu nie en bloc sa présence sur les lieux. L’homme n’est pas un inconnu des services : son nom apparaît dans l’affaire du braquage du loto le Végas en 2021, et il a été condamné en 2022 pour trafic de stupéfiants dans le quartier de Rochebelle.

Des explications contestées

Les enquêteurs relèvent que les téléphones du prévenu et celui du mineur sont régulièrement en contact. « On ne se connaît pas, explique le prévenu, c’est un jeune et je ne traîne pas avec les jeunes. Je le connais un peu car il était à l’école avec ma petite sœur, mais on ne se côtoie pas. »

Sur sa présence d’ADN, le prévenu et son avocat, Me Olivier Massal, ont une explication : « Il a voulu acheter ce véhicule. Il l’a essayé. Il y avait les clés et les papiers, c’était une transaction normale. On retrouve juste l’ADN sur le frein à main, pas sur le volant ni le levier de vitesse. »

Le procureur Quentin Larroque questionne : « Et un mineur de 16 ans qui vend des voitures, ça ne vous interroge pas ? » Le prévenu rétorque : « Non, il vendait toute sorte de voiture, moi ce qui m’intéressait c’est surtout les utilitaires. Je pouvais me faire un billet en les revendant. »

La relaxe prononcée par le tribunal

Le substitut du procureur réclame 12 mois de prison ferme dont 6 mois de sursis probatoire pendant deux ans. Pour le conseil, « le parquet essaie de combler des vides en interprétant. On suppose qu’il ment, mais il n’y a aucune preuve. L’information judiciaire ouverte avait permis d’aller au bout des choses. On n’a rien trouvé pour l’incriminer. La relaxe s’impose. »

Après en avoir délibéré, le tribunal valide la relaxe soutenue par le bâtonnier Massal. Cette décision met un terme à cette procédure judiciaire pour le prévenu, qui reste néanmoins connu des services de police pour d’autres affaires.