Ce vendredi, un quart des vols d'Air Corsica ont été annulés au départ et à l'arrivée des quatre aéroports de Corse, en raison d'une grève des pilotes, une première dans l'histoire de la compagnie. Neuf vols sur 33 au départ des aéroports corses (Ajaccio, Bastia, Figari et Calvi) et huit vols à l'arrivée sont concernés.
Une majorité de vols assurée grâce à des affrètements
La direction de la compagnie a indiqué qu'« une grande majorité de notre programme de vols est assurée, notamment grâce à l'affrètement d'appareils de plus grande capacité permettant de regrouper des vols ». Elle a également souligné que « le nombre de vols annulés ne constitue pas un indicateur représentatif de l'activité réellement opérée ».
Les syndicats SNPL et SPAC, qui représentent les 140 pilotes de la compagnie, ont appelé à la grève du 9 au 16 octobre pour demander des augmentations salariales. Dans un communiqué commun, ils rappellent que « ces dernières années, les pilotes […] ont accepté un blocage de leurs salaires pendant deux ans, ainsi que la perte d'un nombre significatif de jours de congé, pour permettre le développement de l'entreprise ».
Un accord sur quatre ans proposé par les syndicats
Les syndicats ont proposé un compromis : « conclure dès maintenant un accord pour quatre ans et en différer l'application de plusieurs mois, afin de laisser à la compagnie le temps de surmonter les difficultés actuelles ». Cette proposition vise à tenir compte de la situation actuelle de l'entreprise.
Créée en 1990, Air Corsica compte 7 Airbus et 7 ATR et est détenue à 66,8 % par la Collectivité de Corse. Elle est la troisième compagnie aérienne française, derrière Air France et Transavia, avec 2,29 millions de passagers en 2024.
Des difficultés supplémentaires avec l'immobilisation d'ATR
Depuis septembre, le transporteur est confronté à la mise à l'arrêt, par précaution, de cinq de ses sept avions ATR 72-600 suite à des « odeurs inhabituelles » d'huile dans les postes de pilotage. Cette immobilisation est compensée par l'affrètement d'avions d'autres compagnies pour « préserver au maximum son programme de vols », ce qui représente un coût « d'un million d'euros par mois », a précisé mercredi Pierre Muracciole, président du directoire de la compagnie.
Pierre Muracciole assure avoir proposé « une prise en charge du chômage partiel qui va malheureusement affecter » une partie des « pilotes pour l'essentiel d'ATR qui n'ont plus d'activité parce que leurs avions sont immobilisés » et « une augmentation salariale tout à fait significative de plusieurs milliers d'euros par pilote ». Les négociations se poursuivent alors que la grève doit se poursuivre jusqu'au 16 octobre.