L'enquête sur le meurtre de l'influenceuse Sonia B., retrouvée carbonisée dans les vignes de Saint-Gilles le 12 août, a accumulé des éléments accablants contre Samir A., selon les informations de Midi Libre. Le suspect, présenté à un juge d'instruction de Nîmes le 21 août 2026, est depuis placé en détention provisoire. Si les circonstances de la mort se précisent, le motif de l'assassinat reste inconnu.
Une arrestation rapide après la découverte du corps
L'arrestation de Samir A., employé de fast-food, a été déclenchée le 19 août en milieu de matinée, soit sept jours après la découverte du cadavre par un ouvrier agricole. Selon des témoignages, l'interpellation s'est déroulée dans un snack situé en face d'un lycée. Le suspect, qui aurait tenté de prendre la fuite à la vue des gendarmes, a été facilement menotté malgré son gabarit de plus de 1,80 mètre et sa carrure imposante.
Le Psig Sabre a déféré Samir A. après 48 heures de garde à vue. L'homme, né à Lille le 30 octobre 1993, a été mis en examen pour l'assassinat de la jeune influenceuse.
L'appartement de la rue d'Aquitaine au cœur du scénario criminel
Un élément central se dessine dans cette affaire : l'appartement où Samir A. et Sonia B. se sont retrouvés. Ce logement au rez-de-chaussée, situé dans un immeuble de la rue d'Aquitaine près du boulevard Gambetta, a été placé sous scellés. La porte vitrée opaque est couverte de ruban adhésif jaune avec l'inscription « gendarmerie nationale ne pas ouvrir ». L'instruction est désormais pilotée par un juge d'instruction du tribunal judiciaire de Nîmes.
C'est manifestement dans cet appartement que la victime et le suspect se sont retrouvés pour consommer une relation. Une BMW, empruntée à un proche, a été vue garée longuement dans la rue à proximité de l'immeuble. Ce véhicule de forte cylindrée aurait pu servir à transporter la jeune femme, mais on ignore si elle était encore vivante à ce moment-là. Le suspect aurait invoqué son droit au silence face à la plupart des questions posées.
Un lien prostitutionnel établi et des charges en béton
La procureure de la République avait précisé dans son communiqué de presse, diffusé après la mise en examen, que le lien entre les deux personnes était une relation prostitutionnelle émaillée de deux rendez-vous « dans le cadre d'une rencontre en qualité d'escort-girl sur rendez-vous la nuit des faits, après un premier contact la nuit précédente. Rien n'établissait de relation autre que tarifée entre eux ». La jeune femme était inscrite sur un site dédié aux rencontres tarifées et avait eu plusieurs contacts avec des hommes dont Samir A.
Malgré le silence du suspect, la justice disposerait d'éléments accablants. Les militaires auraient réussi en moins d'une semaine à reconstituer pratiquement toute la chronologie des faits. Le suspect était équipé d'un bracelet anti-rapprochement destiné à donner une alerte s'il entre dans un périmètre proche de son ex-compagne qui vivait dans le nord de la France. Ce bracelet, qui fonctionne aussi comme un système de géolocalisation, aurait permis de retracer sa présence heure par heure dans l'appartement de Nîmes et dans une station essence.
Des vidéos de vidéosurveillance auraient montré le suspect en train d'acheter de l'essence ne correspondant pas à celui de la BMW qui fonctionnerait au diesel. Le bracelet électronique aurait également permis de localiser le trentenaire sur les lieux de la découverte du corps à Saint-Gilles. Des traces biologiques de l'auteur présumé auraient été retrouvées sur la victime. Vidéos, géolocalisation, ADN, emprunt d'une voiture, contacts téléphoniques : l'enquête serait particulièrement fournie.
Les avocats du suspect et de la famille
Me Florence De Prato, l'avocate du suspect, s'est refusée à s'exprimer à ce stade de la procédure. Samir A., déjà condamné une quinzaine de fois, s'est montré quasi mutique dans ses explications. Les investigations des gendarmes de la section de recherches se poursuivent, supervisées par un juge d'instruction.
Me Mourad Battikh, l'avocat de la famille de Sonia B. qui est partie civile dans l'affaire, a réitéré récemment l'immense souffrance des proches de Sonia tout en indiquant être mobilisé à leurs côtés pour porter leur parole. L'enquête se poursuit pour déterminer le motif de cet assassinat qui a provoqué un déchaînement terrible sur les réseaux sociaux.