Un habitant de Fréjus, Haysam B., 26 ans, a été condamné à quatre ans de prison, dont deux avec sursis probatoire, par le tribunal judiciaire de Grasse pour avoir ciblé des adolescentes sur TikTok et Instagram. Il a été reconnu coupable de prostitution de mineurs, de propositions sexuelles, de sollicitation et de diffusion d'images à caractère pornographique de mineurs. Le tribunal a également ordonné son maintien en détention et son inscription au FIJAIS.
Un engrenage financier sur les réseaux sociaux
Se définissant comme « fétichiste des pieds », Haysam B., éboueur en CDI sans casier judiciaire, sollicitait des clichés de mineures sur TikTok et Instagram pour obtenir des « nudes ». Entre décembre 2025 et juillet 2026, au moins 18 contacts virtuels ont été recensés, parmi lesquels de très jeunes préadolescentes. L'engrenage financier s'est rapidement mis en place lorsqu'une collégienne de 14 ans a accepté de lui envoyer du contenu contre rémunération, avant d'en parler à trois camarades.
Ne disposant pas de comptes adaptés à leur jeune âge, les copines ont utilisé les moyens de paiement de la première pour percevoir l'argent. « On peut gagner grave de l'argent, j'ai commencé à faire comme elles », rapporte l'une d'elles. Une autre témoigne : « J'étais, selon lui, plus formée que les autres. Il nous envoyait des photos pour qu'on reproduise les positions sexuelles des adultes, pour des photos de ma chatte (sic), cela me dégoûtait. » Toutes ajoutent : « Ce mec-là, il ne faisait qu'insister après, pour avoir du réel ! On lui a dit qu'on était mineures. »
Une rencontre à l'hôtel et une sextape diffusée
La collégienne à l'origine de l'engrenage a fini par accepter un rendez-vous dans un hôtel contre 350 euros. L'agresseur avait également proposé « un plan à trois payé 500 euros chacune ! ». Lors de son audition, la jeune fille raconte : « Il ne me plaisait pas du tout, c'était un vieux, un papa ! Il a fermé la porte derrière moi, il a pris une capote, il m'a pénétrée, j'étais pétrifiée, je ne savais pas quoi dire. J'étais vierge avant ce rapport. Il a filmé les ébats en vidéo. »
Ayant transmis la vidéo à une amie pour « frimer », la victime a vu la sextape se diffuser sur Internet. Une surveillante du collège a donné l'alerte auprès des parents, entraînant les aveux de la jeune fille et l'interpellation du mis en cause. À la barre, Haysam B. est resté impassible : « Je n'ai jamais vérifié leur âge. Elles me disaient : “Si tu veux, on peut t'envoyer des photos sexy.” X m'a dit qu'elle était majeure. J'ai su qu'elle était mineure par sa copine. » Concernant le rapport à l'hôtel, il affirme que « ça s'est passé normalement. Cela ne la dérangeait pas que je filme », contestant l'offre de plan à trois.
123 transactions bancaires et un profil inquiétant
L'enquête financière a révélé 123 mouvements créditeurs (50 à 100 euros) sur son compte, pour un total d'environ 850 euros versés aux victimes — essentiellement dépensés en fast-food. Interrogé sur les 33 000 euros figurant à son crédit, il invoque des « économies » et reconnaît recourir aux services d'escorts. L'expert psychiatre souligne de son côté un « profil inquiétant, notamment à cause du nombre de victimes ».
En partie civile, Mes Laura Caria et Sandrine Martinez dénoncent l'immaturité des victimes face aux piégeages en ligne : « Elles sont unanimes, elles ont toutes dit qu'elles étaient mineures. » La procureure, soulignant la poursuite pour 12 infractions sexuelles et le débat central sur la connaissance de la minorité, a requis 3 ans de prison (dont 2 avec sursis probatoire). En défense, Me Gaëtan Aglieri a sollicité la relaxe en plaidant le doute et l'apparence biaisée sur les réseaux. Le tribunal a finalement condamné Haysam B. à 4 ans de prison, dont deux avec sursis probatoire pendant 3 ans, ordonnant son maintien en détention ainsi que son inscription au FIJAIS.