Quinze ans requis contre un père jugé pour la mort de son bébé secoué
15 ans requis contre un père pour mort de bébé secoué

L'avocat général a requis jeudi 24 septembre 2026 une peine de quinze ans de réclusion criminelle à l'encontre d'Olivier, 42 ans, jugé devant la cour d'assises de l'Hérault pour avoir provoqué la mort de son bébé de cinq mois, en novembre 2017, dans un village des hauts cantons. L'accusé, ouvrier agricole et père de trois autres enfants, n'a pas été capable de décrire précisément son geste, malgré une reconnaissance partielle.

Un « trou noir » et des explications floues

Interrogé par la présidente de la cour, Olivier a déclaré : « Je ne sais pas, j'ai un trou noir ». Il a reconnu avoir « voulu faire une mauvaise manipulation » pour calmer son fils qui pleurait, alors que la mère était partie faire des courses avec leur fille aînée. L'accusé a évoqué « l'angoisse » et un « mauvais geste », sans jamais véritablement reconnaître l'acte de secouement.

Le bébé est décédé dans les heures suivantes à l'hôpital, victime de traumatismes du cerveau très caractéristiques du syndrome du bébé secoué. La mère, Laura, a affirmé : « Je sais très bien que mon mari n'a pas pu faire de violence à mon fils, ça fait 17 ans que je suis avec lui, il n'a jamais fait de violences aux enfants. Ça ne peut pas être lui. »

La partie civile dénonce un « énorme mensonge »

Me Chantal Corbier, partie civile pour France Victime, a contesté cette position : « On n'est pas là pour compatir, on est là pour comprendre. Monsieur vient nous dire, je ne sais pas, et madame, je ne veux pas savoir. On essaie de maintenir la cohésion familiale autour d'un énorme mensonge. » L'avocate a également souligné que « un enfant est mort après deux jours de souffrance, et personne ne se lève pour dire qu'il a été victime d'un acte grave ».

L'avocat général Cavaillez a rappelé les faits : « Un nourrisson âgé de cinq mois et un jour est mort. Son décès est lié au syndrome du bébé secoué. Seul son père était présent avec l'enfant. » Il a requis quinze ans de réclusion criminelle, sur les trente ans encourus, estimant que « c'est un homme qui un jour a perdu les pédales ».

Un verdict attendu vendredi

Le procès, jugé tardivement par la justice, a vu la famille exprimer son souhait d'oublier rapidement. Laura a déclaré espérer « que mon fils parte en paix », ajoutant : « Là, vous n'évoquez pas la souffrance qu'il a eue, le père. Tant qu'on parlera de lui, il ne sera pas en paix. »

Le verdict doit être rendu ce vendredi 25 septembre. La cour devra se prononcer sur la culpabilité d'Olivier, qui encourt jusqu'à trente ans de réclusion criminelle.