Mickaëlle Cazorla du Soroptimist Nîmes : 'Les femmes n'ont plus à prouver quoi que ce soit'
À la veille de la journée internationale des droits des femmes du 8 mars, l'ONG Soroptimist Nîmes organise son exposition Talents de femmes. Mickaëlle Cazorla, présidente du club qui fêtera ses 10 ans en juin, passera la main fin 2026. Elle partage son constat sur l'égalité homme-femme.
Une exposition symbolique pour un anniversaire marquant
'Cela fait plusieurs années que nous souhaitions que notre exposition tombe cette semaine-là', explique Mickaëlle Cazorla. 'L'année dernière, j'ai eu la bonne surprise d'avoir enfin ma demande acceptée. C'est très symbolique puisque le club Soroptimist de Nîmes fête ses 10 ans.'
L'exposition Talents de femmes se tiendra du mardi 3 au dimanche 8 mars inclus à la galerie Jules-Salles à Nîmes, avec un vernissage le 3 mars à 18h. Elle réunira 21 artistes, dont certaines suivent le club depuis sa création.
Égalité formelle versus égalité réelle : un fossé persistant
Signataire d'une charte sur l'égalité réelle dans le Gard, Mickaëlle Cazorla souligne : 'Entre l'égalité formelle qui dit 'vous avez les mêmes droits', et l'égalité réelle qui vous dit 'en fait, on va essayer d'enlever les obstacles', il y a un vrai fossé.'
Elle cite la charge mentale des femmes, notamment au travail : 'Sans dire qu'il faut moins travailler, que fait-on concrètement pour qu'une femme qui exerce un métier à 40 heures par semaine ait un peu moins de charge mentale ?'
Un modèle de travail à repenser
'Le problème des conditions de réussite au travail, c'est qu'on est basé sur un modèle qui est masculin ou unisexe', analyse-t-elle. 'À aucun moment, on se dit qu'on va changer de modèle. Mais qu'on va l'adapter, non pas avec les contraintes qu'ont les hommes, mais à celles qu'ont les femmes.'
Elle insiste : 'Aujourd'hui, selon moi, les femmes n'ont plus besoin de prouver quoi que ce soit du point de vue du travail. Pour autant, elles se retrouvent systématiquement dans un complexe d'infériorité où elles sont obligées de tout justifier.'
La parité en politique : une nécessité encore contestée
Évoquant le retrait de la seule femme candidate aux municipales de Nîmes, Mickaëlle Cazorla déplore : 'Quand on a deux têtes de liste à choisir entre un homme et une femme, par défaut, on se dit 'on va prendre l'homme parce qu'il va rassembler davantage'. Ce qui, selon moi, est une hérésie totale.'
Elle ajoute : 'À chaque élection, on se pose la question de savoir si on veut du renouveau. Et on se rend compte, finalement, que ce n'est qu'une façade car on n'est pas prêts, ne serait-ce qu'à changer entre un homme et une femme.'
Le 8 mars : une journée encore nécessaire
'Cette journée est importante, parce que de toute façon, la femme en règle générale, et les droits notamment liés à la femme, sont tellement sous-dotés et sous-exposés que de toute manière, cette journée est obligatoire, peut-être encore pour les dix à vingt ans à venir, malheureusement', estime la présidente.
Fondé en 1924 par une jeune diplômée médecin, le Soroptimist international lutte pour améliorer les conditions de vie des femmes. Mickaëlle Cazorla conclut : 'J'espère sincèrement que ma fille n'aura pas besoin d'une loi sur la parité pour pouvoir avoir un travail qui corresponde à son niveau d'études. Et j'aimerais espérer que le Soroptimist n'aura plus besoin d'exister dans les cent ans à venir. Mais j'en doute.'



