Sexisme en politique : le témoignage poignant d'une candidate agressée
En ce 8 mars 2026, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, Théa Fourdrinier, candidate de l'union de la gauche et des écologistes à la mairie du 8ᵉ arrondissement de Paris, prend la parole pour dénoncer le sexisme qui persiste dans le paysage politique français. Elle rappelle que cette date n'est pas une simple célébration traditionnelle, mais bien une mobilisation vitale pour toutes les femmes, quelles que soient leurs origines, classes sociales ou convictions politiques.
Une campagne marquée par la violence
À une semaine des élections municipales parisiennes, Théa Fourdrinier et son équipe multiplient les rencontres avec les citoyens. Investir l'espace politique, c'est investir l'espace public, affirme-t-elle, soulignant que cette exposition a un prix particulièrement lourd pour les femmes.
Le dimanche 1ᵉʳ mars, alors qu'elle tractait place de Clichy, un homme s'est approché d'elle, se présentant faussement comme le fils de la maire sortante. Après un bref échange, il l'a embrassée par surprise sur la joue, près de la bouche, devant son équipe et des passants. L'agresseur est parti sereinement, sans que personne ne réagisse.
Face à cette violence sourde et humiliante, la candidate a cherché du soutien autour d'elle. Au lieu de l'indignation attendue, elle n'a trouvé que des silences, des réactions gênées ou amusées, et même le commentaire abject : « c'est mignon ». Sidérée, elle est restée sur place une demi-heure avant de déposer plainte, une démarche qu'elle connaît bien en tant qu'avocate en droit pénal spécialisée dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.
Le poids du silence et des stéréotypes
Théa Fourdrinier dénonce la chaîne du silence qui s'impose aux femmes en politique. Cellules dont on commente la tenue plutôt que les idées, celles dont on attend la grâce d'un sourire plutôt que la pugnacité, celles dont on jauge le corps plutôt que le programme. Par ces actes, on tente de leur dérober crédibilité, éligibilité et espace démocratique.
Le terme politique vient du grec ancien « politikos », relatif aux citoyens. Mais quid des citoyennes ? Protège-t-on suffisamment leur droit de prendre cet espace, de contribuer à la vie de la cité avec la même aisance que les hommes ? En 2026, ces questions se posent encore avec stupeur.
Ce qui lui est arrivé n'est pas un fait divers, mais le symptôme d'une société qui refuse aux femmes une place égale à celle des hommes. Le traitement réservé aux femmes politiques est un indicateur désolant du sexisme persistant en France.
Des chiffres alarmants et des réactions désastreuses
Les statistiques sont éloquentes :
- Trois élues sur quatre affirment avoir subi injures, harcèlement, humiliations, menaces ou violences pendant leur mandat.
- Une femme sur trois a déjà pensé à abandonner la politique à cause de comportements sexistes.
- Une sur deux ne se sent pas légitime à son poste.
Après avoir communiqué sur son agression, Théa Fourdrinier a essuyé une salve de commentaires désastreux : minimisation, injonction à « regagner sa cuisine », attaques sur son apparence physique. Les lois sur la parité, bien que nécessaires, ne sont qu'une béquille face à l'enracinement du patriarcat dans la perception des politiciennes.
Un combat vital pour la démocratie
Malgré tout, la candidate continue sa campagne. Il est vital que les politiques de la ville intègrent pleinement le droit des femmes : droit de circuler, de militer, d'exister sans restriction. Le sexisme en politique reflète le sexisme dans la société tout entière, sans couleur, âge ou origine ethnique.
Le combat féministe mérite mieux que des stratégies politiques médiocres. Il doit être porté à l'unisson, avec fermeté et sincérité. La liberté et la sérénité des femmes en politique sont nécessaires à notre fonctionnement démocratique, à notre citoyenneté et à notre humanité, conclut Théa Fourdrinier, appelant à briser enfin les chaînes du silence et de la complaisance.



