Tribune de Saïd Benmouffok : Le racisme politique contre Bally Bagayoko révèle un héritage colonial
Racisme politique : l'héritage colonial visant Bally Bagayoko

Une disqualification raciste dans le débat politique français

Dans une tribune percutante, Saïd Benmouffok, conseiller de Paris, souligne que le racisme visant Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, et d'autres élus noirs récemment élus, témoigne d'un imaginaire profondément ancré dans l'histoire coloniale de la France. Ce phénomène ressurgit systématiquement lorsque des personnalités issues des quartiers populaires, souvent descendants d'immigrés, accèdent à des positions de pouvoir.

Un déferlement de haine au-delà du débat démocratique

Benmouffok insiste sur le fait que, même en désaccord avec la France insoumise, la critique politique doit rester dans le cadre démocratique. Cependant, la vague de haine envers Bally Bagayoko et ses pairs ne relève pas d'un simple débat. Il s'agit d'une disqualification par l'injure, la suspicion et l'animalisation, ciblant leur identité plutôt que leurs actions. Depuis leurs élections, une mécanique implacable se déploie : déformation des propos, insinuations et attaques racistes, voilées ou explicites, qui les réduisent à leur origine ou couleur de peau.

Cette approche est fondamentalement antirépublicaine, car la République ne reconnaît que des citoyens égaux, sans hiérarchiser les appartenances. Benmouffok affirme que cette situation n'est pas un accident, mais la face émergée d'un iceberg : un racisme diffus et persistant, structuré par un héritage colonial, qui resurgit dès que certains franchissent des seuils de pouvoir.

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L'émergence d'une nouvelle génération d'élus confrontée à des obstacles systémiques

Depuis plusieurs années, une génération d'élus issus des quartiers populaires, souvent descendants d'immigrés, émerge progressivement. La France insoumise a contribué à cette transformation en diversifiant les visages dans les institutions. Ces élus ne sont pas irréprochables et méritent des critiques politiques légitimes, mais les attaques actuelles visent leur existence même dans le champ politique, non leurs actions.

Cette expérience est largement partagée et transpartisane, touchant aussi bien des élus de gauche comme Bally Bagayoko que des responsables de droite comme Othman Nasrou, récemment renvoyé à ses origines étrangères. Cela prouve que le problème dépasse les lignes politiques et révèle une fracture plus profonde dans la société française.

Un combat pour l'universalisme républicain et l'égalité

Benmouffok rejette l'idée d'un combat entre une « nouvelle France » et une « ancienne France ». Il s'agit plutôt d'un combat essentiel et récurrent : celui d'une France confrontée à sa promesse républicaine. Le véritable universalisme réside dans la reconnaissance d'une condition partagée par tous ceux exclus de l'égalité, comme les femmes, les minorités religieuses ou les victimes de l'antisémitisme.

En parlant de Bally Bagayoko, on parle de l'incapacité de la société française à accepter pleinement chacun de ses enfants, de la frontière fragile entre critique légitime et stigmatisation, et de ce que nous sommes prêts à tolérer. Nous sommes Bally Bagayoko, car ce qui lui est refusé aujourd'hui peut l'être à d'autres, et parce que ce qui est attaqué en lui, c'est une certaine idée de la République. Au fond, il ne s'agit pas seulement de lui, mais de nous tous.

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