Équithérapie aux Arcs-sur-Argens : des femmes victimes de violences se reconstruisent
Équithérapie aux Arcs-sur-Argens pour femmes victimes de violences

Des femmes victimes de violences conjugales participent à des séances d'équithérapie aux Arcs-sur-Argens pour amorcer un chemin vers la reconstruction. Ce dispositif, coordonné par l'adjudante Aurore Olivier, de la Maison de protection des familles de Draguignan, mise sur le contact avec les chevaux pour restaurer un sentiment de sécurité et favoriser la parole.

Des séances annuelles avec le centre équestre Les Traits de Provence

Les séances, imaginées par l'adjudante Aurore Olivier, en poste à la Maison de protection des familles de Draguignan (MPF), ont lieu une fois par an en collaboration avec le centre équestre Les Traits de Provence. Leur objectif : offrir aux participantes un espace de dialogue bienveillant et serein, au contact des chevaux.

« Ils apaisent le corps et l'esprit. Leur présence provoque une baisse du stress et de l'hypervigilance, instaurant un sentiment de sécurité », expose l'adjudante. Car, quelles que soient leurs trajectoires, ces femmes ont toutes en commun cette sensation d'insécurité permanente.

Des vertus apaisantes reconnues par les accompagnatrices

Géraldine Ledoux, meneuse-accompagnatrice en tourisme équestre au centre Les Traits de Provence, situé aux Arcs-sur-Argens, connaît bien ce milieu. Selon elle, les chevaux ont bel et bien des « vertus apaisantes » : « Ce sont de grandes bêtes, qui donnent à ces femmes la sensation d'être protégées. Il y a des connexions bien plus profondes que ce qu'on peut penser. »

Ce jour-là, deux séances sont organisées, chacune réunissant quatre participantes. La rencontre commence par un cercle de parole. « Il est important de privilégier le petit comité. Ce n'est déjà pas facile pour les victimes de parler et de se sentir à l'aise », explique Aurore Olivier, qui se définit comme « l'animatrice des débats ».

Un accompagnement qui favorise la prise de conscience et l'échange

La Maison de protection des familles du Var renforce l'engagement de la gendarmerie dans le suivi et l'accompagnement des victimes de violences conjugales, et intervient sur deux volets : le judiciaire et la prévention. « Lors de ces séances d'équithérapie, le but n'est pas de faire un cours magistral, mais de créer de l'interaction et surtout de faire réagir », poursuit-elle.

Pour lancer les échanges, l'adjudante soumet aux participantes une « idée reçue » et les laisse débattre. Par exemple : « Il m'a frappée une fois, mais il ne recommencera pas. » « Ça les aide à comprendre, mais aussi à analyser le problème, à prendre conscience de leur propre vécu et de l'emprise qu'elles ont subie. Car toutes ont des traumatismes bien spécifiques. »

Des parcours différents, mais une même détermination à aller de l'avant

L'une d'elles a ainsi trouvé la force de porter plainte pour des violences conjugales, mais son mari, incarcéré, continuait d'exercer une emprise psychologique sur elle. Une autre, dont le mari a également été emprisonné pour les mêmes faits, vit dans la peur depuis que celui-ci s'est évadé dans le cadre d'une permission de sortie en semi-liberté. Autant de parcours différents, mais des quotidiens encore rythmés par la peur et l'angoisse.

« Le but est de remotiver les victimes. De leur montrer, à travers ce genre de projet, qu'on est toujours là », souligne Aurore Olivier. Les chevaux restent présents autour des participantes tout au long des échanges. La journée se termine par une promenade en calèche, lors de laquelle les femmes présentes parlent de leurs soucis, mais aussi de leur avenir. Une bouffée d'air, un moment hors du temps, qui démontre aussi la détermination de ces participantes à aller de l'avant, en dépit des traumatismes.