Nîmes : les associations féministes mobilisées contre les amendements à la loi intégrale
Nîmes : mobilisation contre les amendements à la loi intégrale

Ce lundi 5 octobre, plusieurs associations féministes se sont réunies devant le tribunal judiciaire de Nîmes pour appeler à la vigilance alors que la proposition de loi visant à apporter une réponse intégrale aux violences sexuelles et sexistes est examinée au Parlement. Au sol, des silhouettes dessinées représentent les 109 féminicides comptabilisés, selon les associations, depuis le début de l’année.

Une mise en scène symbolique pour rendre visible l'ampleur des violences

Laetitia Lafitte, présidente de l’association Révolution, a expliqué le choix de cette action : « Quand on vous dit 109, cela peut paraître un peu flou. Maintenant, si vous voyez 109 corps par terre, on s’est dit que ce serait peut-être plus visuel et plus parlant. » Les manifestantes ont ainsi voulu rendre leur mobilisation visible au pied du tribunal.

Pour les associations présentes, l’enjeu est d’autant plus important que le texte est actuellement débattu à l’Assemblée nationale. Elles dénoncent notamment plusieurs amendements déposés par les députés du Rassemblement national et d’autres groupes de droite. La proposition de loi a déjà fait l’objet de nombreux votes en séance depuis le 1er octobre.

Le terme « sexisme » au cœur des débats

Martine Gayraud, présidente de Femmes solidaires Nîmes, s’inquiète notamment des amendements visant, selon elle, à retirer le terme « sexisme » du texte. « Le sexisme conduit parfois à des discriminations, à beaucoup de choses. Et puis, au bout du compte, cela peut mener à des phénomènes plus graves comme le meurtre. C’est une chaîne », estime-t-elle.

Les associations contestent également les propositions visant à limiter leur possibilité de se porter partie civile. « Cela nous permet de défendre les personnes que nous accompagnons depuis longtemps », souligne Martine Gayraud. Autre point de crispation : la protection des femmes étrangères victimes de violences. Les militantes craignent qu’elle soit réduite par certains amendements, notamment concernant les femmes sans papiers qui portent plainte pour des violences sexuelles.

La dernière ligne droite avant le vote

Les associations veulent aussi renforcer le texte sur la soumission chimique, les violences économiques et administratives dans le couple, les contenus pédocriminels générés par l’intelligence artificielle ou encore l’accès à la justice pour les victimes en situation de handicap. « La loi va se voter normalement le 16 octobre », rappelle Martine Gayraud. « C’est la dernière ligne droite. »

Pour les associations nîmoises, l’objectif est désormais de maintenir la pression jusqu’au vote.