Municipales à Montpellier : les Tricoteuses hystériques interpellent les candidats sur l'égalité et les violences
Montpellier : les féministes interrogent les candidats aux municipales

Les Tricoteuses hystériques mobilisent les candidats aux municipales de Montpellier

À l'approche des élections municipales de 2026 à Montpellier, le collectif féministe des Tricoteuses hystériques a décidé d'interpeller directement les candidats sur des questions cruciales souvent reléguées au second plan. Sous l'impulsion de sa présidente, Vigdis Morisse-Herrera, l'association a envoyé un questionnaire détaillé à tous les prétendants au poste de maire, mettant en lumière des problématiques qui concernent directement plus de la moitié de l'électorat.

Un questionnaire pour briser le tabou des violences et de l'égalité

Vigdis Morisse-Herrera explique la genèse de cette initiative : « Nous avions vraiment l'impression que les questions des violences faites aux femmes et aux enfants, l'égalité… n'apparaissaient pas dans les grands thèmes abordés au niveau des discussions politiques, comme si c'était tabou. » La militante évoque notamment sa propre expérience d'agression dans un train, qui n'a suscité aucune réaction particulière, illustrant selon elle une banalisation inquiétante de ces violences.

Le questionnaire comporte quinze points essentiels, couvrant un large spectre :

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  • La sécurité à l'intérieur des foyers
  • La prévention et la sécurité dans l'espace public
  • La sécurité des enfants dans les écoles et clubs sportifs
  • La représentation des femmes et la parité

Des chiffres qui donnent le vertige : à Montpellier, sur 320 000 administrés, on compte 200 000 femmes et enfants. Statistiquement, la ville abrite 25 000 victimes de violences conjugales (soit l'équivalent de tous les habitants de l'Écusson) et 3 000 enfants victimes d'inceste (correspondant à tous les écoliers de Port-Marianne).

Six réponses sur onze : des absences qui interrogent

Sur les onze candidats contactés, seulement six ont répondu au questionnaire : Isabelle Perrein, Michaël Delafosse, Nathalie Oziol, Jean-Louis Roumégas, Max Muller et Philippe Saurel. Vigdis Morisse-Herrera exprime sa surprise : « Je suis surprise par le fait que quand on compte administrer une ville de 320 000 habitants, le sort spécifique de 200 000 d'entre eux n'interpelle pas. »

Parmi les absents, Rémi Gaillard a justifié son refus en déclarant ne pas vouloir « faire de la sécurité un sujet genré ». La présidente des Tricoteuses hystériques réplique : « Je ne pense pas que les hommes s'habillent en conséquence pour savoir s'ils vont se faire poignarder ou pas le soir. Je ne pense pas que les hommes surveillent leur trajet pour ne pas se prendre de coups de couteau. Ça ne minimise pas ce risque-là. Mais ça dit que les femmes et les enfants ont un risque spécifique supérieur et totalement différent dans l'espace public. »

Des propositions concrètes et des divergences structurelles

Les réponses des candidats participants révèlent plusieurs pistes intéressantes :

  1. La création de lieux dédiés pour regrouper les associations féministes et accueillir les femmes victimes de violences
  2. L'utilisation de l'espace d'affichage public pour des campagnes de prévention sur les violences intrafamiliales
  3. L'établissement d'une délégation spécifique aux droits des enfants, permettant de traiter cette question au-delà des simples aspects scolaires ou de garde

Vigdis Morisse-Herrera nuance cependant : « On va avoir des différences structurelles par rapport au mode de pensée. Évidemment que l'équipe de Max Muller et l'équipe d'Isabelle Perrin, pour reprendre les plus opposés politiquement, ne sont pas d'accord sur la vidéosurveillance et toutes ces choses-là. Mais globalement, il ressort une uniformité sur le fait qu'on ne fait pas assez et que tout est à construire. »

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Une association apartisane au cœur du débat politique

Face à cet engagement marqué, la question d'une éventuelle candidature politique des Tricoteuses hystériques se pose naturellement. La présidente répond sans ambiguïté : « On est vraiment une association, on est apartisane. On est toutes, par contre, de sensibilités politiques différentes. Et c'est pour ça qu'en fait, ce qu'on fait, c'est très politique. » Elle révèle même que plusieurs militantes du collectif figurent sur des listes électorales opposées, confirmant ainsi la diversité des engagements au sein de l'association.

Les réponses complètes des candidats sont disponibles depuis le samedi 14 février 2026 sur le compte Instagram des Tricoteuses hystériques, offrant aux Montpelliérains un éclairage précieux sur les positions de leurs futurs élus concernant des enjeux sociétaux majeurs.