Journée des droits des femmes : des milliers manifestent contre les inégalités et l'extrême droite
Manifestations pour les droits des femmes contre inégalités et extrême droite

Une mobilisation massive pour les droits des femmes à travers la France

Ce dimanche 8 mars, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dans plus de 150 villes françaises à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Les cortèges, organisés par plus d'une centaine d'associations féministes et syndicats, ont parcouru les rues de Bordeaux, Lille, Marseille, Saint-Malo, Annemasse et de nombreuses autres communes.

Un message fort contre les discriminations multiples

Les manifestants ont déployé des banderoles et scandé des slogans dénonçant le racisme, la misogynie et l'homophobie, selon les termes employés par Myriam Lebkiri de la CGT lors d'une conférence de presse préparatoire. "Notre corps nous appartient", "Stop aux violences" et "Du travail pour vivre, pas survivre" figuraient parmi les revendications principales affichées.

L'extrême droite dans le viseur des organisations féministes

Les organisateurs ont particulièrement insisté sur la menace que représenterait l'extrême droite pour les droits des femmes, à l'approche des élections municipales des 15 et 22 mars. Le collectif Grève féministe, qui coordonne la mobilisation, a alerté sur ce "danger" pour les acquis féministes.

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Anne Leclerc, membre du Collectif national pour les droits des femmes, a pointé du doigt la situation aux États-Unis : "Il suffit de voir ce qu'il se passe aux États-Unis, avec Donald Trump, c'est un laboratoire". Depuis son retour à la Maison Blanche l'an dernier, le président américain a effectivement pris une série de mesures restrictives concernant l'avortement et démantelé des politiques de lutte contre les discriminations.

Des revendications concrètes et chiffrées

Les associations présentes dans les manifestations réclament avec insistance :

  • Un budget annuel de trois milliards d'euros dédié à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes
  • Une loi-cadre intégrale comprenant des mesures de prévention, d'éducation, de protection des victimes et de sanction des agresseurs
  • Une amélioration significative de l'accès à l'avortement sur tout le territoire

Sarah Durocher, du Planning familial, a souligné les difficultés actuelles : "Nous sommes en alerte face aux difficultés d'accès à l'avortement sur le terrain, liées à un manque de moyens et à la fermeture de structures de proximité".

Les inégalités économiques toujours présentes

Les manifestants ont également dénoncé les disparités salariales persistantes entre femmes et hommes. Selon les dernières données de l'Insee pour 2024 :

  1. Le salaire moyen des femmes dans le secteur privé reste inférieur de 21,8% à celui des hommes
  2. L'écart de salaire net en équivalent temps plein "à emploi comparable" est encore estimé à 3,6%

Suzy Rojtman, du Collectif national pour les droits des femmes, a critiqué l'insuffisance des dispositifs actuels : "Notre législation est incomplète et manque de fil conducteur".

Une mobilisation parisienne symbolique

À Paris, le cortège principal est parti à 14 heures de la place Stalingrad pour se diriger vers la place de la République. L'an dernier, les organisateurs avaient revendiqué 120.000 participants à la marche parisienne et 250.000 au niveau national, tandis que la préfecture de police avait comptabilisé 47.000 manifestants dans la capitale.

En parallèle, le collectif d'extrême droite Némésis organisait son propre rassemblement dans l'ouest de Paris, ce qui avait suscité des protestations de la part des organisations féministes l'accusant d'"instrumentaliser" leur combat.

Des symboles pour marquer les esprits

Dans la soirée, une devise détournée "Liberté, Égalité*, Fraternité" a été projetée sur la Tour Eiffel. L'astérisque ajouté au mot "égalité" symbolise une égalité "sous conditions non consenties" pour les femmes, selon les organisateurs.

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Cette journée de mobilisation intervient dans un contexte où la ministre Aurore Bergé avait dévoilé en novembre un projet de loi-cadre contre les violences comportant 53 mesures, mais dont l'adoption pourrait être compromise par un agenda parlementaire particulièrement chargé.