Ferghane Azihari et le tabou français de critiquer l'islam
Ferghane Azihari et le tabou de critiquer l'islam en France

Le débat sur l'islam en France : un tabou révélé par Ferghane Azihari

La question de l'islam et de sa relation avec la modernité continue de diviser la société française. Sur les plateaux de télévision, l'essayiste Ferghane Azihari défend ses positions avec une rigueur intellectuelle remarquable. Son origine comorienne, qui le place dans la catégorie des personnes « racisées », lui offre une protection contre les accusations habituelles de racisme, permettant ainsi un débat plus nuancé sur un sujet particulièrement sensible.

Une pensée libre face aux interdits intellectuels

Ferghane Azihari se distingue par la qualité de ses écrits, travaillés et sans compromis, qui contrastent avec les lâchetés académiques trop souvent observées. Les médias, télévisions et radios confondus, ont largement commenté son dernier essai, avec des critiques prévisibles : « c'est un livre qui va servir le discours de haine de l'extrême droite », « l'islam, ce n'est pas ça », « c'est dangereux ». Ces reproches s'accompagnent fréquemment d'une condescendance universitaire qui révèle une profonde méfiance envers toute tentative de penser l'islam de manière critique.

Cette promotion pour un livre d'un essayiste libéré de ses entraves met en lumière une perspective inquiétante : en France, il est devenu tabou de critiquer l'islam, contrairement au christianisme. La raison elle-même semble être devenue un outil désuet dans le refus de penser. Pour les gardiens du vide mondain, l'islam est automatiquement associé au registre décolonial : penser cette religion équivaudrait à adopter une posture de colonisateur.

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L'islam comme objet interdit d'appropriation

Secrètement, une partie de la gauche intellectuelle perçoit l'islam comme un objet étranger, presque « sauvage », interdit d'appropriation. Elle le considère comme appartenant exclusivement aux musulmans, avec cette idée que pour « les respecter », il faut le laisser dans son état brut, tel que décrit dans les textes médiévaux, les rites et les prescriptions traditionnelles.

Ferghane Azihari provoque ainsi un effet miroir révélateur : d'un côté, il incarne une prouesse de liberté et de pensée ; de l'autre, il met en lumière un vide intellectuel camouflé derrière un antiracisme automatique, un héritage anticolonial mal compris ou une délicatesse communautaire superficielle.

Des parallèles troublants avec les pays musulmans

Cette situation française trouve des échos troublants dans les pays musulmans eux-mêmes. On y observe également des conservatismes politiques qui instrumentalisent la foi pour maintenir leur emprise, des castes théologiques qui s'arrogent le monopole de l'interprétation religieuse, et des extrémistes violents qui punissent ceux qui osent questionner le dogme.

La question fondamentale « qu'est-ce que l'islam ? » reste ainsi largement interdite d'examen. Est-ce l'islam clinquant des pays du Golfe ? Celui des talibans qui ont réintroduit l'esclavage ? Ou celui des influenceurs qui propagent le communautarisme ? En France, cet instinct d'interdire, de condamner et d'excommunier existe également, bien que sous des formes différentes.

La condamnation de l'intention de penser

Dès la publication de son essai, Ferghane Azihari a été condamné moins pour le contenu de ses arguments que pour l'intention même de penser l'islam. On lui reproche moins ce qu'il dit que le fait de se permettre de le dire. Cette attitude révèle une profonde crise intellectuelle où l'indignation devient un écran empêchant tout examen sérieux.

L'islam rencontre effectivement des difficultés à s'adapter au présent, à se remettre en question et à évoluer avec son temps. Les obstacles à cette évolution ne viennent pas seulement des djihadistes, des talibans ou des idéologues du repli, mais aussi de certains intellectuels de gauche qui, ayant fui les pays musulmans pour profiter des libertés occidentales, interdisent paradoxalement aux autres de penser ce qui reste impensé dans leur culture d'origine.

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À qui appartient l'islam ?

La question fondamentale demeure : à qui appartient l'islam ? Apparemment, il appartient à ceux qui interdisent d'en creuser le sens ou le non-sens au nom de blessures narcissiques, d'identités présumées ou d'histoires décoloniales. Un penseur libre comme Ferghane Azihari représente ainsi un danger, tant dans le monde musulman qu'en France, car il échappe aux plantations idéologiques qui cherchent à contrôler la pensée.

Les responsables de l'état de mort clinique de cette religion sont ceux qui refusent d'innover et préfèrent défendre le tapis volant des traditions figées plutôt que d'inventer la roue d'une modernité adaptée. Le débat initié par Ferghane Azihari révèle ainsi les profonds tabous qui entravent la réflexion sur l'islam dans la France contemporaine.