Le parquet de Paris a annoncé ce mercredi 23 septembre, sur son compte Instagram, l'ouverture d'une enquête pour injures publiques racistes et cyberharcèlement après que le judoka Teddy Riner a reçu des messages haineux. Cette procédure a été engagée de sa propre initiative, précise le parquet, qui a confié les investigations à l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité et les crimes de haine (OCLCH).
Des propos politiques à l'origine des messages haineux
Teddy Riner avait été pris à partie sur les médias proches de l'extrême droite et sur les réseaux sociaux pour avoir fait part, lors de l'émission Stade 2, de son « angoisse » de « la montée de l'extrême droite », qui « le fait flipper ». Après cette interview, « de nombreux messages haineux en ligne ont visé » le judoka sur X et Instagram, a retracé le parquet de Paris.
Le quintuple champion olympique, qui espère finir sa carrière par un nouveau titre aux JO de Los Angeles en 2028, a plusieurs fois laissé entendre qu'il pourrait ensuite s'engager en politique.
Kylian Mbappé également visé par l'extrême droite
Outre Teddy Riner, une autre star du sport français, Kylian Mbappé, a été vivement critiquée par l'extrême droite, pour avoir refusé de prendre parti entre les habitants et les migrants à Ceuta. L'attaquant du Real Madrid a déclenché une vive polémique en Espagne pour avoir, comme deux de ses coéquipiers, refusé de porter entièrement un tee-shirt de soutien à la population de l'enclave espagnole de Ceuta, au cœur d'une crise migratoire avec le Maroc, comme le lui avait demandé son club.
Il s'est ensuite justifié en expliquant vouloir à la fois être « pleinement solidaire » des habitants de Ceuta mais aussi « faire un geste et adresser une pensée à tous les migrants qui ont perdu la vie et qui vivent eux aussi dans des conditions difficiles », sans vouloir « hiérarchiser les souffrances ». Le capitaine de l'équipe de France de football, qui avait déjà pris position contre une arrivée au pouvoir du RN, a aussi été pris à partie sur les réseaux sociaux par l'extrême droite de ce côté-ci des Pyrénées.
Cette enquête marque une étape dans la lutte contre le cyberharcèlement des personnalités publiques, alors que les athlètes de haut niveau sont de plus en plus exposés aux attaques en ligne.



