Dîner du Crif : entre convivialité et menace, la communauté juive face à la montée de l'antisémitisme
Dîner du Crif : la communauté juive entre convivialité et menace

Une entrée sous haute surveillance

En approchant de l'entrée du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France, le nombre d'hommes en armes équipés d'oreillettes ne cesse d'augmenter. Face à cette présence massive de sécurité, une question s'impose : faut-il afficher une convivialité excessive ou une gravité marquée pour ne pas paraître suspect ? Cette protection renforcée semble pourtant justifiée lorsque l'on considère les accusations violentes portées par divers groupes antisémites, de Soral à Caron en passant par Dieudonné, qui désignent les participants comme des « patrons », des « complices » ou ceux qui « tirent les ficelles ». Dans ce contexte, protéger ce que certains appellent les « maîtres du monde » apparaît comme une nécessité logique, même si cette protection soulève des questions sur l'organisation face aux menaces déclenchées par de telles accusations.

Une confirmation immédiate

Dès le seuil franchi, une évidence s'impose et mettra tout le monde d'accord : il y a effectivement de nombreux Juifs présents à ce dîner du Crif. Dans le brouhaha du verre d'accueil, les invités font bonne figure, contredisant les affirmations de Rima Hassan qui prétendait qu'ils avaient été « convoqués » manu militari. Par ailleurs, il est intéressant de noter que le volume de publications diffamatoires, accusant certains de « pratiquer des relations bucco-génitales avec des Juifs », n'a visiblement pas altéré l'ambiance, malgré les insinuations de la meute Insoumise et islamiste sur des paiements grassement distribués.

Rencontres et moments d'émotion

Parmi les convives, Ben, le trésorier du Crif, se distingue par sa bonhomie. Ce kiné dans « le civil », petit homme souriant, tranche avec l'image stéréotypée d'un dirigeant de la finance mondiale. Un échange humoristique autour d'un RIB tendu montre la légèreté possible malgré le contexte. Cependant, l'ambiance de kermesse est brièvement interrompue par une sono poussive appelant à rejoindre les tables, dans une indifférence générale. Un haut gradé ému salue l'auteur, un moment de communion autour de l'idéal républicain.

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Discours engagés

Trente minutes plus tard, le président du Crif monte à la tribune avec la détermination de celui qui revient au front. Précis et factuel, il évoque les familles juives ayant fui l'antisémitisme, parfois jusqu'en Australie, pour être abattues sur la plage de Bondi Beach à Sydney lors de la célébration de Hanoukka. Son appel à combattre la vague de haine depuis le pogrom du 7 octobre et à réveiller les consciences trouve un écho profond. Le Premier ministre Lecornu enchaîne avec un discours d'une lucidité impressionnante, à la fois digne et conscient de la gravité du moment. Il parle des familles juives qui craignent de choisir une nounou ou une école pour leurs enfants, une émotion palpable traversant la salle. Cette assemblée, qui connaît intimement la haine installée et les lâchetés qui l'accompagnent, reconnaît le courage d'un homme politique assumant ses responsabilités.

Une ambiance de fête paroissiale

À la fin des discours, avant même que l'entrée ne soit servie, tout le monde se lève, circulant de table en table pour s'embrasser, se saluer et partager des rires. Le « balagan » (bazar en hébreu) reprend ses droits, avec des échanges sur les nouvelles familiales et des retrouvailles chaleureuses. Ce dîner du Crif, qui devrait être uniquement joyeux, prend des airs de fête paroissiale, mêlant convivialité et solidarité face aux défis extérieurs.

La menace persistante

Dehors, les antisémites continuent leur sale besogne. Un député Insoumis, dont le nom mérite d'être tu, demande à établir la liste des participants, tandis que d'autres réclament des démissions et alimentent la vindicte populaire sur les réseaux sociaux. Sous couvert de défense des Palestiniens, une cause qu'ils négligent souvent, l'alliance des islamistes et de l'extrême gauche contre les Juifs bat son plein, dans une indifférence générale. Comme de nombreux convives, l'auteur ressent l'urgence : si la situation ne s'inverse pas et si les républicains ne se réveillent pas, la perspective de devoir partir se profile à l'horizon, rappelant la vulnérabilité persistante de la communauté juive en France.

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