Le 'divorce alpin' : une violence conjugale méconnue qui sévit en montagne
Le terme 'divorce alpin' s'est imposé récemment sur les réseaux sociaux, mettant en lumière un phénomène troublant : l'abandon volontaire d'un partenaire lors de randonnées ou de sorties en montagne. Derrière cette expression virale, des centaines de témoignages de femmes décrivent avoir été laissées seules dans des environnements naturels par leur compagnon, révélant une forme de violence conjugale souvent passée sous silence.
Des témoignages poignants qui se multiplient
Tout a commencé avec une vidéo publiée sur TikTok par une jeune Américaine, en larmes, expliquant avoir été abandonnée sur un sentier de montagne par son compagnon. Dans les commentaires, les récits similaires ont afflué. Une internaute raconte : 'Mon ex m'a laissée sur une randonnée pour sortir du Grand Canyon.' Une autre témoigne : 'Un jour où il faisait 37 degrés, mon ex-mari est parti devant en prenant le sac à dos avec l'eau et les snacks. Je pensais qu'il m'attendrait ou qu'il reviendrait, mais non. Quand j'ai réussi à retrouver la voiture, il était assis dedans avec la clim. Autant vous dire que nous sommes divorcés.' Ces histoires illustrent une dynamique de contrôle et d'intimidation, où l'abandon sert de punition.
Des conséquences psychologiques profondes
Le phénomène est loin d'être anodin, selon les experts. La psychothérapeute américaine Stephanie Sarkis, spécialiste des violences narcissiques, affirme avoir observé ce type de situation à plusieurs reprises. Elle souligne que cet abandon peut être 'profondément traumatisant', provoquant 'une immense détresse psychologique et physique'. Le médecin Bruce Y. Lee, professeur à la City University of New York, ajoute que ces actes révèlent souvent un manque d'empathie. Dans Psychology Today, il conseille de rester attentif aux signaux d'alerte, tels qu'une incapacité à percevoir la détresse d'autrui ou un égocentrisme fréquent.
Origines et évolution du terme 'divorce alpin'
Le terme 'divorce alpin' n'est pas nouveau ; il renvoie à une nouvelle publiée en 1893 par l'écrivain écossais Robert Barr, intitulée 'An Alpine Divorce', dans laquelle un homme projette de tuer sa femme lors d'un voyage dans les Alpes. Aujourd'hui, l'expression a évolué pour désigner l'abandon volontaire d'un partenaire en pleine nature. Bien que tous les cas ne relèvent pas d'une intention criminelle, ils ne sont pas dénués de violence, surtout lorsque les témoignages en ligne montrent que les victimes sont majoritairement des femmes. Le média Fraîches souligne dans une vidéo qu'il s'agit souvent 'd'une dynamique de punition, de contrôle et d'intimidation', exposant la personne abandonnée à des dangers réels.
Quand l'abandon vire au drame
L'actualité a ravivé le débat sur les risques de ces abandons. En Autriche, Thomas Plamberger, un alpiniste, a été condamné pour 'homicide involontaire par négligence aggravée' après avoir laissé sa compagne, Kerstin Gurtner, seule près du sommet du Grossglockner, où elle est morte d'hypothermie en janvier 2024. Cet exemple tragique rappelle qu'en pleine nature, un changement météo, une chute ou une mauvaise orientation peuvent rapidement transformer un abandon en situation dangereuse, voire mortelle. Ces incidents soulignent l'urgence de reconnaître le 'divorce alpin' comme une forme de violence conjugale nécessitant une attention accrue et des mesures de prévention.



