Elle a été ministre de l'Égalité des territoires, un titre prometteur sous la présidence de François Hollande. Pourtant, l'ancienne dirigeante des Verts semble n'avoir pas retenu les leçons de son expérience gouvernementale. En particulier, elle ignore ce que savent tous les professeurs de lettres enseignant dans des zones défavorisées. Nombre d'entre eux défendent la langue française depuis des années, à travers livres, tribunes et leur noble métier.
L'orthographe, un outil de distinction sociale ?
L'orthographe ? « Un outil de distinction sociale », affirme l'ancienne ministre, qui a bénéficié d'études supérieures de qualité dans une grande école de commerce. « Pendant longtemps, ajoute-t-elle, aujourd'hui directrice d'Oxfam, plusieurs orthographes coexistaient, puis on les a figées, transformant l'orthographe en une sorte de religion et en instrument de sélection scolaire. »
Réaction contre la qualité rédactionnelle
Cécile Duflot s'insurge contre « la qualité rédactionnelle ». Selon elle, l'Académie française et son dictionnaire ne serviraient à rien. Elle sursaute au moindre « malgré que » mais tente de se défaire de cette réaction qu'elle juge épouvantablement bourgeoise.
Ce qui l'a fait réagir sur RMC ? Une note de service d'Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale. Cette circulaire demande aux correcteurs du brevet et du bac de tenir compte, dans toutes les matières, de « la qualité rédactionnelle : orthographe, syntaxe, grammaire, clarté de la langue et lisibilité du propos ».
Des consignes banales qui suscitent l'indignation
De telles consignes devraient paraître banales et faire bâiller d'ennui. Au contraire, elles provoquent une indignation idéologique qui sent le Bourdieu mal digéré. D'une part, Madame Duflot les réduit à la seule orthographe, alors que la syntaxe et la grammaire participent aussi à la lisibilité. D'autre part, elle considère la langue française comme « souvent illogique et absurde », citant l'exemple de « chariot » avec un seul « r » et « charrette » avec deux.
Le retour des poncifs pédagogistes
Elle semble considérer qu'il faut laisser les pauvres dans leur ignorance, pour ne pas les stigmatiser. C'est une posture méprisante envers les élèves défavorisés. Elle reprend les poncifs « pédagogistes » les plus éculés, qui bannissaient la dictée à l'école élémentaire dans les années 2000. Les enseignants valeureux faisaient alors des dictées sur des feuilles volantes pour éviter les sanctions lors d'inspections. Ces absurdités ont été racontées dans des livres comme Et vos enfants ne sauront pas lire… ni compter de Marc Le Bris.
Réponse du ministre
Le ministre de l'Éducation nationale a répondu à Cécile Duflot vendredi dernier sur la même antenne : « La première inégalité professionnelle, quand vous passez un entretien, quand vous faites un CV, quand vous faites une lettre de motivation, c'est la maîtrise de la langue. » Cécile Duflot n'avait pas dû le remarquer quand elle était responsable de l'Égalité des territoires.



