La contestation lycéenne s'est poursuivie ce lundi 5 octobre à Nîmes, avec des manifestations devant plusieurs établissements. Les élèves dénoncent des classes surchargées, des équipements défaillants et le stress de Parcoursup. Quelques incidents ont conduit à des interpellations.
Une mobilisation pacifique devant les lycées
Devant le lycée Hemingway, près du centre-ville, quelques dizaines de lycéens se sont rassemblés vers 10 heures, pancartes en main, pour manifester pacifiquement. Plus tôt dans la matinée, un blocage de l'entrée avait été instauré, avant de devenir rapidement un barrage filtrant, quelques élèves ayant été autorisés à pénétrer dans l'établissement.
Des incidents et des interpellations
À l'extérieur du lycée Hemingway, des poubelles ont été allumées, nécessitant l'intervention des pompiers qui ont rapidement éteint le feu. À 10 h 30, un jeune garçon soupçonné d'être l'auteur du feu a été contrôlé par la police. "Ils l'ont pris au hasard ! On se demande vraiment sur quel critère", a dénoncé un jeune homme, tandis que son ami a ajouté : "l'auteur du feu, il y a longtemps qu'il est parti !".
Des revendications sur les conditions d'apprentissage
Sur le boulevard Victor-Hugo, aux abords du lycée Alphonse-Daudet, une trentaine de lycéens de différents établissements nîmois se sont réunis. "On veut montrer qu'on est toujours mobilisés", a souligné Leelou, 17 ans, élève au lycée Philippe-Lamour. Il a expliqué ne pas s'être rendu en cours en raison "des débordements de la semaine passée". Les élèves dénoncent des emplois du temps trop surchargés, des trous de plusieurs heures, des professeurs non remplacés, des moyens insuffisants, des classes surchargées et le stress de Parcoursup "qui procède à un tri social des jeunes".
Des conditions difficiles dénoncées
"Cet été, dans les classes, il faisait beaucoup trop chaud", ont dénoncé Telma et Yann, âgés de 17 et 16 ans, scolarisés aux lycées Alphonse-Daudet et Albert-Camus. "L'hiver, ce sont les radiateurs qui ne fonctionnent pas, ont relaté d'autres élèves du lycée Albert Camus. Et l'année dernière, dans notre classe de français, il manquait une table et des chaises."
Des forces de l'ordre mobilisées
De nombreux policiers étaient mobilisés pour sécuriser les blocages. Certains ont été la cible de jets de projectiles dans la matinée. Des poubelles ont également été incendiées avant d'être éteintes par les sapeurs-pompiers. Des représentants syndicaux étaient présents pour encadrer le mouvement. "Ce qui a été cassé, ce n'est pas voulu, mais il faut reconnaître que c'est aussi par cette violence que nous sommes entendus", a nuancé une jeune lycéenne du lycée Albert-Camus.
Des interpellations et une mobilisation qui se poursuit
Vers 7 heures, un barrage filtrant avait été mis en place devant les grilles du lycée. Des membres du personnel de l'établissement sont intervenus et le ton serait monté. Trois jeunes, deux mineurs et un majeur, ont été interpellés à l'issue de cette action. Un autre individu a également été appréhendé aux abords du lycée Alphonse-Daudet. La mobilisation se poursuit ce lundi après-midi, avant une importante journée de mobilisation prévue le lendemain à Nîmes, comme partout en France.