Dans le monde du travail, « ce climat est inquiétant », commente Guillaume Savoie, vice-président de L’autre cercle, qui défend l’inclusion des personnes LGBT+ dans les milieux professionnels. Moqueries, mises à l’écart, actes de violence physique comme une empoignade… Selon une enquête Ifop, menée début 2026 pour l’association, 36 % des salariés LGBT+ disent avoir été victimes d’au moins une agression sur leur lieu de travail. Cela représente une hausse de 8 points par rapport à 2024.
En lien avec la montée du sexisme et du masculinisme
Dans cette même enquête, réalisée auprès d’un échantillon de 10 185 salariés, dont 942 LGBT+, plus d’un tiers des salariés LGBT+ (37 %) disent également avoir été victimes de discrimination de la part de leur direction, une augmentation de 12 points. Cette montée de l’hostilité vis-à-vis des personnes LGBT+ « va de pair avec celle du sexisme et du masculinisme », estime Catherine Tripon, porte-parole de L’autre cercle. « Là où on travaille, c’est le reflet de la société mais si l’organisation signale qu’il y a des lignes à ne pas franchir, les salariés le respectent ».
L’orientation sexuelle largement assumée au travail
Parmi les salariés français, 31 % disent qu’ils seraient mal à l’aise face au « coming out » d’un collègue, une proportion en progression de 6 points. Ainsi, un responsable marketing à Paris, âgé de 53 ans, assure ressentir une « gêne » de la part de certains collègues quand il raconte, par exemple, son week-end avec son compagnon. Signe encourageant, 72 % des salariés LGBT+ ne cachent pas leur orientation sexuelle aujourd’hui à leur travail, selon L’autre cercle. Néanmoins, un climat défavorable peut inciter certains d’entre eux à ne pas dévoiler leur orientation sexuelle ni leur vie privée, reconnaît l’association. Un choix qui n’est pas sans conséquences : isolement potentiel ou renoncement à certains droits, comme inscrire son conjoint sur sa mutuelle ou bénéficier de jours de congé supplémentaires pour son mariage.



