Un climat de peur inédit dans les établissements scolaires
Chez l'enseignante Françoise Cahen, à Maisons-Alfort dans le Val-de-Marne, le 25 février 2026. En plus de trente années consacrées à l'enseignement, Christine (qui a requis l'anonymat) a vécu une situation totalement nouvelle. Récemment, pendant l'un de ses cours d'histoire-géographie avec une classe de quatrième, cette professeure a ressenti une tension montante avec une élève connue pour ses importantes crises de colère.
Face à n'importe quel autre adolescent manifestant de l'indiscipline, elle aurait immédiatement fait une remarque corrective. Mais ce jour particulier, une question cruciale l'a traversée avant toute intervention : « Si je fais quelque chose, qu'est-ce qui va se passer ? »
La stratégie de l'évitement pour prévenir l'escalade
Finalement, l'enseignante de 56 ans a choisi de ne rien dire, optant délibérément pour éviter tout conflit avec cette élève qui sera exclue du collège quelques semaines plus tard. « Dans le contexte actuel, on se dit parfois qu'il pourrait nous arriver n'importe quoi », reconnaît-elle avec franchise, illustrant ainsi l'atmosphère de crainte qui s'est installée dans certains établissements.
Ce « contexte actuel » fait référence à une série historique de cinq attaques au couteau survenues en moins de dix mois à l'intérieur d'enceintes scolaires. Parmi ces agressions, quatre ont spécifiquement visé des personnels de l'éducation nationale, toutes des femmes.
Des drames qui marquent la communauté éducative
Le drame le plus grave s'est produit le 10 juin 2025, lorsque Mélanie G., surveillante dans un collège de Nogent en Haute-Marne, a perdu la vie dans des circonstances tragiques. Plus récemment, le 3 février, un adolescent de 14 ans a poignardé sa professeure d'arts plastiques à Sanary-sur-Mer dans le Var.
Selon les dernières informations du ministère de l'éducation nationale, l'état de santé de l'enseignante agressée s'améliore « progressivement » après plusieurs semaines passées dans un état critique. Ces événements violents créent un climat d'insécurité psychologique pour de nombreux éducateurs, qui doivent désormais composer avec cette nouvelle réalité dans leur pratique quotidienne.
La multiplication de ces incidents graves interroge profondément sur les mécanismes de prévention et de protection au sein des établissements scolaires. Les enseignants, traditionnellement formés à la gestion de classe et à la transmission des connaissances, se retrouvent confrontés à des situations extrêmes qui dépassent largement leur cadre professionnel habituel.



