Violences à l'école : le courrier d'Edouard Geffray divise les parents d'élèves
Après l'agression au couteau d'une professeure par un élève dans un collège du Var, le ministre de l'Éducation, Edouard Geffray, a adressé le 12 février 2026 un courrier électronique aux parents d'élèves du second degré. Dans ce message de deux pages, il les appelle à se mobiliser contre la banalisation de la violence extrême et à rappeler les règles élémentaires à leurs enfants.
Des réactions mitigées chez les parents
Denis, parent d'un collégien de 13 ans à Montpellier, exprime son mécontentement : "J'ai trouvé ça totalement infantilisant et en même temps ça enfonçait des portes ouvertes. Surtout, cela donnait la désagréable impression que le ministère cherchait à se dédouaner de toute responsabilité." À l'inverse, Hélène, maman d'une élève de 6e à Lunel, se montre plus réceptive : "Nous avons un rôle important dans la prévention de ces violences, c'est évident. Le ministre est dans son rôle en nous demandant cela mais nous attendons aussi qu'il mette davantage de choses en place."
Un manque de moyens pointé du doigt
Les représentants de la FCPE, principale fédération de parents d'élèves, critiquent l'absence de propositions concrètes du ministère. Marie Nikichine, présidente de la fédération héraultaise, regrette : "Rien en termes de santé mentale, d'infirmières scolaires, d'assistantes sociales, de recueil de la parole… On a déjà eu des cas d'enfants qui partent en HP du fait de harcèlement d'enseignants." Rémy Landri, président de la FCPE des Pyrénées-Orientales, ajoute : "Le système pHARe, de lutte contre le harcèlement et la violence, est un bon système mais il n'est pas encore assez mis en place. Et ce ne sont pas les absences non remplacées et la suppression de postes médico-sociaux qui vont améliorer les choses."
Une aggravation des tensions en dix ans
Une étude réalisée en 2023 révèle que les agressions et menaces contre les personnels de direction de l'Éducation nationale ont doublé en dix ans. Seulement 37% des établissements estiment avoir de bons rapports avec les parents d'élèves, contre 59% en 2013. Georges Fotinos, auteur de l'étude, constate : "Malgré le développement de tensions, la grande majorité des chefs d'établissements considèrent cette relation comme essentielle. Il est peut-être temps d'élaborer collectivement un nouveau contrat école parents."
La situation de la professeure agressée
La professeure d'arts plastiques poignardée par un élève de 14 ans le 3 février à Sanary-sur-Mer a repris connaissance et quitté les soins intensifs. Son pronostic vital n'est toujours pas levé, selon le procureur de Toulon. Cet incident s'ajoute à d'autres actes violents, comme le meurtre d'une assistante d'éducation poignardée par un élève en juin 2025 dans un collège de Nogent (Haute-Marne).
Le courrier du ministre, bien qu'intentionné, soulève ainsi des questions sur l'efficacité des mesures proposées et la nécessité d'une approche plus collaborative entre l'institution scolaire et les familles.



