Tricherie chez l'enfant : un signe de développement psychologique à comprendre
Tricherie chez l'enfant : un signe de développement à comprendre

Tricherie chez l'enfant : un signe de développement psychologique à comprendre

Il est courant pour les enfants de tricher, un comportement qui peut déstabiliser les adultes. Que nous apprend-il en matière de développement psychologique ? Comment réagir face à de jeunes joueurs qui détournent les règles ? Cet article, initialement publié sur The Conversation, explore ces questions essentielles.

Qu'est-ce que la tricherie ?

La tricherie se produit lorsqu'un enfant adopte un comportement malhonnête pour obtenir un avantage indu. Cela peut inclure prétendre avoir obtenu un six au dé, jeter un œil sur les cartes des autres, noter incorrectement un score sportif ou manipuler des jeux vidéo pour passer des niveaux.

Malgré les efforts des parents et enseignants, la tricherie est extrêmement répandue. Dans une expérience, des enfants de cinq ans ont été invités à ne pas regarder dans une boîte pendant l'absence de l'expérimentateur. Presque tous ont regardé, et la majorité ont ensuite nié l'avoir fait.

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Un signe de développement cognitif

La capacité à tromper peut signaler l'émergence de nouvelles compétences, notamment la compréhension de ce que pensent les autres. Pour tromper efficacement, il faut réfléchir à la perspective d'autrui et créer une réalité alternative. Ces aptitudes cognitives apparaissent à l'âge préscolaire et se consolident à l'école primaire.

Les recherches montrent que la tricherie est très commune chez les enfants, reflétant leur croissance mentale et sociale.

Tricher à l'école : une réalité préoccupante

Avec l'âge, les enfants peuvent devenir plus prudents, mais c'est aussi à cette période qu'ils commencent à tricher à l'école. Une étude américaine révèle que plus de trois lycéens sur quatre ont triché au moins une fois dans l'année écoulée.

Les techniques courantes incluent le partage de travail, l'obtention de réponses à l'avance, le plagiat en ligne et la collaboration non autorisée. Les élèves justifient souvent ce comportement par des motifs pro-sociaux, comme aider un camarade ou manquer de temps.

La tentation et les risques

Comme les adultes, les enfants sont plus enclins à tricher lorsque la tentation est forte. Une étude montre que des enfants de sept à dix ans trichaient davantage à un jeu de dés pour gagner un prix important.

Les enfants et adolescents déclarent aussi tricher pour éviter des conséquences négatives. Dès 1932, le directeur d'école M. A. Steiner notait que la surcharge de travail incitait à la tricherie. En 2008, des élèves ont cité le manque d'intérêt pour les matières ou la pression pour réussir comme motivations.

Le risque d'être pris peut encourager l'honnêteté, car les enfants pèsent les avantages contre les risques. En grandissant, ils réfléchissent aussi à l'impact sur leur image de soi, par exemple en se disant : « être une bonne personne est important, donc je ne tricherai pas ».

Différences entre garçons et filles

Certains enfants trichent plus que d'autres. Une étude de 2019 sur un jeu de dés a montré que les garçons trichaient plus que les filles, avec des motivations distinctes : les filles pour éviter les pertes, les garçons pour les gains et les pertes.

Les compétences sociales jouent un rôle. Une étude américaine de 2003 a révélé que les enfants de CE1 rejetés par leurs pairs trichaient plus aux jeux de société, peut-être en raison de difficultés à contrôler leurs émotions.

Les adolescents avec moins de maîtrise de soi et une tolérance accrue aux infractions sont plus susceptibles d'accepter la tricherie scolaire, tout comme ceux ayant un mauvais comportement en classe. Une étude suggère que les garçons sont plus enclins à tricher que les filles.

Comment décourager la tricherie ?

Bien que courante, la tricherie peut poser des problèmes croissants avec l'âge. Une étude sur des élèves chinois de quatrième a montré que ceux qui trichaient en corrigeant leurs tests apprenaient moins bien par la suite.

Voici quatre mesures pour les parents et enseignants :

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  1. Avoir des conversations ouvertes : discuter avec compassion des raisons pour lesquelles tricher n'est pas une bonne idée, comme gâcher le plaisir des autres. Les promesses de ne pas tricher réduisent ce comportement, mais la peur des ennuis peut empêcher la vérité.
  2. Ne pas mettre trop de pression sur les résultats : utiliser un langage axé sur l'apprentissage plutôt que la performance. Les environnements scolaires très compétitifs favorisent la tricherie en amplifiant les enjeux.
  3. Être positif sur le caractère de l'enfant : dans une étude, des enfants d'âge préscolaire à qui on a attribué une « bonne réputation » trichaient moins (60%) que les autres (90%).
  4. Montrer l'exemple : les adultes honnêtes et ouverts inspirent les enfants. Une étude a montré que les enfants exposés à un mensonge d'adulte étaient plus enclins à tricher et mentir ensuite.

En comprenant la tricherie comme une étape du développement, les adultes peuvent mieux guider les enfants vers l'honnêteté et l'intégrité.