Un parcours d'intégration tardif pour un résident de longue date
Devant la caisse d'allocations familiales de Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, des usagers patientent ce 15 octobre 2025. Parmi eux, Wafi Faouzi, un homme dont le parcours illustre les défis persistants de l'intégration linguistique en France.
Une vie bouleversée par un accident
Installé en France depuis trente ans, Wafi Faouzi, originaire de Tunisie, a longtemps exercé le métier de boucher. Cependant, un grave accident de moto survenu en 2022 a mis un terme brutal à son activité professionnelle. Désormais dans l'incapacité de travailler, il perçoit le revenu de solidarité active (RSA) en attendant une éventuelle pension d'invalidité.
Père de deux enfants, il se retrouve pour la première fois de son existence sans occupation, confronté à un désœuvrement inédit. « J'aurais aimé avoir la possibilité d'apprendre plus tôt, mais je n'y pense pas. L'important, c'est d'avancer », confie-t-il avec philosophie.
Le déclic d'un programme d'évaluation en français
En 2025, Wafi Faouzi a saisi l'opportunité offerte par le réseau Apprendre le français en Seine-Saint-Denis. Lors d'un rendez-vous à Bobigny, son niveau oral et écrit a été rigoureusement évalué. Le constat est sans appel : après trois décennies de résidence sur le territoire et malgré la possession de la nationalité française, il ne sait toujours pas lire ni écrire correctement.
« Et maintenant, j'ai hâte de commencer mes cours », s'enthousiasme-t-il, voyant dans cette formation une chance de redonner du sens à son temps libre.
Le rôle crucial de l'accompagnement par France Travail
C'est son conseiller France Travail qui l'a orienté vers ce dispositif spécialisé. Sarah Jacquard, évaluatrice de français à la permanence de Bobigny pour le réseau, souligne l'importance d'un diagnostic précis : « Pour un conseiller emploi classique, ce n'est pas évident de diagnostiquer précisément les besoins de la personne en langue ».
Grâce à cette évaluation sur mesure, Wafi Faouzi a été dirigé vers des cours dispensés deux fois par semaine, lui offrant ainsi une structure adaptée à son apprentissage.
Un enjeu d'intégration et d'autonomie
Ce cas met en lumière les lacunes persistantes dans l'accompagnement linguistique des résidents de longue date, même naturalisés. L'illettrisme reste un frein majeur à l'autonomie et à l'insertion sociale et professionnelle.
Le programme en Seine-Saint-Denis représente donc une bouée de sauvetage pour des individus comme Wafi Faouzi, permettant de combler des retards éducatifs parfois anciens. Son engagement dans cette formation symbolise une volonté farouche de s'intégrer pleinement, malgré les aléas de la vie.



