Mobilisation syndicale contre l'austérité dans l'enseignement supérieur et la recherche
Syndicats mobilisés contre l'austérité dans l'enseignement supérieur

Une intersyndicale sonne l'alarme sur la crise de l'enseignement supérieur

À Paris, sur le campus de Jussieu, le 21 octobre 2019, une photo de Dominique Faget pour l'AFP capture un moment symbolique des tensions dans le secteur. Ce mercredi 18 février, une intersyndicale de l'enseignement supérieur lance un appel pressant à des rassemblements prévus pour le 10 mars. Ces mobilisations visent à protester contre les suppressions de postes dans le service public et la mise au pas des universités et des organismes nationaux de recherche par leur sous-financement chronique.

Une coalition large pour une cause commune

Dans un communiqué commun diffusé ce mercredi, l'UNSA, la CFDT, la FSU, la CGT, Sud, ainsi que des organisations étudiantes comme la Fage, l'UNEF, l'Union étudiante et la FSE, unissent leurs voix. Ils appellent à organiser des rassemblements devant le ministère à Paris et devant les rectorats en région. De plus, ils encouragent la tenue d'assemblées générales dans les universités afin de discuter des conséquences de l'austérité qui frappe l'enseignement supérieur et la recherche.

Cette date du 10 mars n'est pas choisie au hasard : elle correspond à une réunion budgétaire cruciale du conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche. Cet organe consultatif, présidé par le ministre Philippe Baptiste, réunit les syndicats représentatifs pour des discussions déterminantes.

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Un contexte de dégradation financière alarmante

La mobilisation intervient dans un contexte particulier, alors que se déroulent, depuis janvier et jusqu'au printemps, les assises du financement des universités. Lancées par le gouvernement, ces assises visent à établir un diagnostic partagé sur la situation budgétaire des universités, selon le ministère. Cependant, les syndicats dressent un tableau bien plus sombre.

Emmanuel de Lescure, secrétaire général du Snesup-FSU, a affirmé lors d'une conférence de presse à Paris ce mercredi : La situation est délétère, la dégradation est une réalité objective. Selon l'intersyndicale, les dépenses de recherche publique ont atteint un niveau historiquement bas, tandis que le nombre d'étudiants dans l'enseignement supérieur public a progressé de 19% depuis 2007.

Les syndicats estiment qu'il manque aujourd'hui au moins 8 milliards d'euros pour répondre aux besoins de l'enseignement supérieur public. Une analyse que le ministère conteste, tout en reconnaissant qu'un certain nombre d'universités font face à des difficultés financières. Le ministère met en avant que le budget pour 2026 a validé des crédits en hausse de 350 millions d'euros par rapport à 2025, ainsi qu'une augmentation de 725 millions d'euros des crédits de la mission interministérielle recherche et enseignement supérieur (Mires), qui s'élèvent à 31 milliards d'euros pour 2026.

Malgré ces chiffres, la colère monte dans les rangs universitaires, avec des alertes comme celle d'une présidente d'université comparant la situation à du Zola, soulignant l'urgence d'une action collective face à cette crise persistante.

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