Colère et mobilisation à Sospel pour défendre l'école maternelle
Ce lundi 30 mars, une foule déterminée s'est rassemblée devant l'école maternelle du boulevard Jules-Ferry à Sospel, près de Menton. Parents, enfants, enseignants, ATSEM et élus ont uni leurs voix pour protester contre la fermeture annoncée d'une classe, une décision perçue comme brutale et totalement déconnectée des besoins du terrain.
Une communauté éducative sous le choc
Les cris des enfants se mêlaient aux slogans des manifestants, scandant « Touche pas à mon école ! ». L'Association des parents d'élèves (APE) avait lancé l'appel, rassemblant plusieurs dizaines de personnes. Pancartes brandies et tee-shirts revendicatifs témoignaient d'une ambiance à la fois combative et chargée d'émotion. Pour beaucoup, l'école dépasse largement le cadre scolaire : « Ici, on est comme une grande famille », confie un parent.
La suppression de la classe entraînerait le départ de l'enseignante Sophie et d'une ATSEM, une perspective difficile à accepter. Sophie, la voix nouée, exprime son attachement : « Je me sens bien ici, j'habite ici et je suis là depuis des années... ». L'incompréhension domine, d'autant que les chiffres semblent contredire la décision administrative.
Des chiffres qui racontent une autre histoire
Renaud Detoeuf, adjoint à l'éducation, souligne que les effectifs sont en hausse : « Nous donnons les chiffres en novembre, il y avait 96 élèves. Aujourd'hui, nous sommes à 106, et cela pourrait encore évoluer ». Il ajoute que la fermeture ferait grimper les effectifs à 27 élèves et demi par classe, voire plus avec les nouvelles inscriptions. Nicolas, parent d'élève, dénonce une décision « hors-sol » : « Ils ne voient que les chiffres, pas la réalité du terrain. On va se retrouver avec des classes surchargées, et forcément une qualité d'enseignement qui baisse ».
Une situation particulièrement fragile
À Sospel, l'école accueille cinq enfants en situation de handicap, répartis dans différentes classes pour favoriser l'intégration. Sophie explique : « Pour assurer une qualité d'enseignement et dans un souci d'intégration pour chaque élève, les élèves en situation de handicap ne sont pas repartis dans une seule classe ». Magali Vahie Cordero, présidente de l'APE, alerte sur les conséquences : « Garder des effectifs raisonnables, c'est garantir une égalité des chances. Aujourd'hui, les équipes font déjà énormément avec leurs moyens ».
Elle rappelle aussi les spécificités du territoire : « Ici, on n'a pas d'infrastructures culturelles, pas de musée, peu d'activités. L'école est essentielle, c'est le cœur du village et le lieu de tous les apprentissages ». Une pétition a déjà recueilli plus de 800 signatures, témoignant d'un soutien massif en seulement une journée.
Le maire en première ligne
Le maire Christophe Brunengo, présent sur place, affiche son soutien sans réserve. « On ne peut pas privilégier des chiffres au détriment des enfants », martèle-t-il. Après plusieurs échanges avec l'inspection de circonscription, le ton s'est durci : « Au départ, les échanges nous laissaient entrevoir une autre issue. Puis le discours est devenu beaucoup plus ferme sur la fermeture ». La commune a écrit à l'inspection académique, sans réponse à ce stade.
Pour le maire, l'enjeu dépasse la rentrée scolaire : « Sospel est en train de se développer. Nous voulons accueillir de nouveaux actifs, de nouvelles familles. Mais si on supprime des classes, on envoie quel message ? ». Il conclut : « C'est facile de fermer une classe. Mais le jour où on en aura besoin, elle ne sera plus là ».
Une mobilisation qui se poursuit
Dans cette commune de 3 800 habitants, la mobilisation est loin d'être terminée. Tous espèrent encore faire plier l'administration avant le verdict attendu ce mercredi 1er avril. Le laps de temps est réduit, en raison des élections municipales ayant retardé l'envoi des décisions. Un parent d'élève s'étonne : « On pensait être à l'abri. L'an dernier, on avait perdu des élèves, cette année on en a gagné quatre… et pourtant, c'est maintenant qu'on ferme ».
Dovilė et Sarah, deux mamans, dénoncent une décision « inadmissible ». La colère ne désemplit pas, et la pétition continue de monter. Pour la communauté de Sospel, l'école est bien plus qu'un service public : elle est un pilier essentiel de la vie du village, et sa défense reste une priorité absolue.



