Sospel : une nuit sous tente pour sauver une classe de maternelle menacée
Sospel : nuit sous tente pour sauver une classe maternelle

Une nuit sous les étoiles pour défendre l'école

La mobilisation ne faiblit pas à Sospel, dans les Alpes-Maritimes. Après une manifestation le lundi 30 mars 2026 contre la suppression programmée d'une classe de maternelle à la rentrée prochaine, suivie d'un rassemblement devant le rectorat de Nice, les parents d'élèves ont opté pour une action radicale. Ils ont planté leurs tentes dans la cour de l'école pour y passer la nuit du jeudi 2 avril 2026, espérant ainsi peser sur la décision finale de l'Inspection académique attendue mardi suivant.

Une tradition de résistance

Cette initiative n'est pas une première. En 2022, l'Association des parents d'élèves (APE) de Sospel avait déjà organisé un sit-in nocturne pour sauver une classe menacée. Forts de cette expérience, les parents ont décidé de réitérer l'opération, convaincus que seuls des actes forts peuvent avoir un impact. Une quarantaine de personnes, incluant parents, élus, enseignants et ATSEM, se sont rassemblées dès 16h30 pour soutenir cette pyjama party revendicative, bien que seule une poignée de courageux ait bravé le froid de la vallée de la Bevera toute la nuit.

Des chiffres qui parlent

Les adjoints au maire, Martine Ferrero et Renaud Detoeuf, ont présenté des données alarmantes. "Depuis lundi, de nouvelles familles se sont déclarées sur la commune. À partir de mardi, nous aurons deux élèves supplémentaires. À la rentrée, l'effectif prévisionnel atteindra 109 élèves en maternelle, soit six de plus qu'actuellement", expliquent-ils. Si la classe est fermée, les effectifs passeront à 25 ou 27 élèves par classe, contre 20 aujourd'hui. Une situation d'autant plus préoccupante que Sospel est classée en zone rurale fragile, où les ressources éducatives sont déjà limitées.

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L'impact humain derrière les statistiques

La fermeture menacerait directement Sophie, une institutrice appréciée qui travaille à Sospel depuis dix-huit ans, et Céline, son ATSEM. "J'ai toute ma vie ici. Si je pars, je perds des projets, une équipe, des élèves et des parents que j'apprécie", confie Sophie, évoquant une épée de Damoclès qui plane régulièrement sur son poste. Magali Vahie Cordero, présidente de l'APE, insiste : "Elle est de la famille. Nos enfants ont grandi ensemble." Marion, l'Atsem, ajoute : "C'est mon binôme. On est très fusionnelles. Ce serait une grosse perte pour toute l'équipe."

Des conditions d'apprentissage compromises

La suppression de cette classe aurait des conséquences concrètes sur la qualité de l'enseignement. Avec 27 élèves par classe, la gestion des tout-petits deviendrait extrêmement difficile, d'autant que certains ne sont pas encore propres et que l'impact des écrans réduit leur attention. "On a déjà du mal à avoir des AESH sur notre territoire. Supprimer des instituteurs aggraverait la situation", déplore Martine Ferrero. La présence de cinq enfants en situation de handicap et d'élèves allophones nécessite un accompagnement personnalisé que des effectifs surchargés rendraient impossible.

Une lutte pour l'avenir du village

Les parents résument leur combat : "Nous voulons simplement garder notre classe, notre institutrice et notre Atsem. Derrière les chiffres, il y a des vies et la qualité d'un enseignement. Pour un village comme le nôtre, c'est essentiel", conclut Magali Vahie Cordero. Cette nuit sous tente symbolise leur détermination à faire entendre leurs revendications avant la décision finale, espérant sauver non seulement une classe, mais aussi la cohésion et l'avenir éducatif de Sospel.

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