Mobilisation exceptionnelle au lycée Daudet de Nîmes
Ce jeudi 12 mars, une vague de solidarité a submergé le lycée Alphonse Daudet à Nîmes. Enseignants et élèves se sont rassemblés pour soutenir Saïda Karim, 16 ans, et sa famille, menacés d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF). La décision, tombée le 21 février dernier, concerne Saïda, sa mère Gülgez et son petit frère Ramal, arrivés en France en janvier 2023.
Une situation familiale complexe
La famille Karim, originaire d'Azerbaïdjan, avait obtenu un premier titre de séjour provisoire sur avis médical. Ramal, 13 ans, est polyhandicapé à 80%, et c'est pour lui offrir des soins de qualité que sa mère a choisi la France. "C'est injuste, car je travaille beaucoup. Et psychologiquement, c'est dur aussi. Ma mère est stressée, elle ne peut plus travailler", confie Saïda, visiblement affectée.
Le renouvellement de leur titre de séjour a été rejeté, un médecin ayant estimé que le suivi médical pouvait se poursuivre en Azerbaïdjan. "Sauf qu'en France, mon frère est scolarisé à l'IME La Cigale. Là-bas, il n'y a pas d'école. Et les soins sont chers", s'inquiète l'adolescente. La mère, Gülgez, a pourtant multiplié les efforts d'intégration : apprentissage du français, emploi de femme de ménage. "Mais c'est compliqué de trouver un autre emploi car j'ai plein de rendez-vous médicaux pour mon fils", reconnaît-elle.
Une élève brillante et déterminée
Saïda, décrite par tous ses professeurs comme une élève exceptionnelle, est en première section Abibac, un parcours sélectif combinant bac français et allemand. "C'est injuste, c'est une élève très brillante", insiste Carol Viau, professeure d'allemand. "Elle a toutes les capacités pour devenir médecin", ajoute Emmanuel Bois, un autre enseignant.
La jeune fille, qui parle couramment six langues, a obtenu son brevet avec mention très bien et une bourse du mérite. Son intégration scolaire est exemplaire, contrastant avec l'incertitude administrative qui plane sur sa famille. Depuis l'OQTF, Gülgez ne perçoit plus les aides de la CAF et de la MDPH, aggravant leur précarité.
Actions concrètes pour faire pression
Face à cette situation, le collectif d'enseignants a pris des initiatives :
- Sollicitation d'une audience auprès du préfet du Gard ce jeudi après-midi
- Lancement d'une pétition ayant déjà recueilli plus de 1 000 signatures
- Mobilisation médiatique pour sensibiliser l'opinion publique
Les professeurs espèrent ainsi faire "poids" pour obtenir une régularisation, permettant à Saïda de poursuivre ses études et à sa famille de continuer son intégration à Nîmes. "Saïda est une excellente élève, très motivée, qui a sa place ici", conclut Carol Viau, résumant l'émotion collective.



