Repas à un euro pour tous les étudiants : le Cnous anticipe des défis majeurs de saturation
La présidente du Centre national des œuvres universitaires et scolaires, Bénédicte Durand, a exprimé de vives inquiétudes concernant la généralisation du repas à un euro pour l'ensemble des étudiants, une mesure prévue pour début mai. Elle a souligné que cette extension « constitue un vrai défi pour notre structure de restauration », en pointant des « enjeux de saturation » potentiels. La dirigeante s'est exprimée en marge d'une visite au Salon de l'agriculture à Paris, mettant en avant les risques associés à cette réforme attendue.
Une mesure qui s'annonce complexe à mettre en œuvre
Bénédicte Durand a rappelé que « le grand rendez-vous » se profile à la rentrée de septembre, période durant laquelle la fréquentation des restaurants universitaires atteint traditionnellement son pic annuel. Elle a indiqué que la généralisation du repas à un euro entrera en vigueur « au cours de la première semaine de mai », une période de moindre affluence qui servira de « moment d'observation » pour ajuster les dispositifs par la suite. L'été permettra d'élaborer une stratégie plus structurée en vue de la rentrée, avec une feuille de route pour mai présentée mi-avril et un plan complet pour septembre.
Une fréquentation en hausse constante depuis cinq ans
Depuis cinq ans, la fréquentation des 967 points de restauration des Crous a bondi d'environ 80%, portée par l'accessibilité tarifaire, notamment avec la mise en place du repas à un euro pour les boursiers en 2020, et par la qualité des repas. « On nourrit par an, en gros, 700 000 étudiants et on distribue 45 millions de repas », a précisé Bénédicte Durand. Cette croissance exponentielle soulève des questions sur la capacité d'absorption de la nouvelle mesure.
Une extension réclamée par les organisations étudiantes
L'extension du repas à un euro à tous les étudiants, initialement mise en place pendant la crise sanitaire du Covid-19 puis réservée aux seuls boursiers et précaires, a été intégrée au budget 2026 comme concession du gouvernement aux députés socialistes. Cependant, le ministre de l'Enseignement supérieur et la présidente du Cnous n'y étaient pas initialement favorables. « On reste très attentifs à la soutenabilité de la mesure », a averti Bénédicte Durand, insistant sur la nécessité d'évaluer l'impact de la réforme.
Des financements et des ajustements nécessaires
Pour 2026, l'État a alloué 50 millions d'euros, calculés sur la base d'une augmentation modérée de la fréquentation d'environ 10%. La moitié de cette somme servira à compenser la baisse du tarif de 3,30 euros à un euro pour les non-boursiers, tandis que l'autre moitié financera des recrutements et des équipements supplémentaires. Les besoins exacts dépendront d'une cartographie en cours dans chaque Crous, car « il y a des endroits où on sait qu'on ne pourra pas augmenter la fréquentation », a prévenu la présidente.
Garantir la qualité et la sécurité
Bénédicte Durand a demandé au ministre qu'une mission évalue l'impact de la réforme pour garantir trois principes essentiels : la qualité des repas, la qualité de vie au travail des agents et la sécurité des établissements. Elle a également souligné l'importance de suivre la fréquentation des étudiants boursiers pour éviter tout risque d'éviction, assurant ainsi que la mesure bénéficie à tous sans compromettre les services existants.



