Mussidan : une mobilisation pour défendre les postes d'accompagnants d'élèves handicapés
Dans le collège des Châtenades à Mussidan, une vive contestation s'est élevée contre la décision de la direction des services départementaux de l'Éducation nationale (DSDEN) de supprimer deux postes d'accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH). Cette mesure, justifiée par l'administration pour répondre à des besoins dans l'enseignement primaire, a déclenché un mouvement de protestation soutenu par les enseignants, les syndicats et les parents d'élèves.
Un mouvement de grève et une pétition en ligne
Le mouvement a débuté le 16 mars et a culminé avec une journée d'action le mardi 31 mars, où un piquet de grève a été installé devant l'établissement. Les AESH, en poste depuis plusieurs années comme Karen Ramirez, dénoncent une décision qui "déshabille Pierre pour habiller Paul", mettant en péril la stabilité nécessaire aux élèves handicapés. Une pétition en ligne a rapidement recueilli 350 signatures, témoignant de l'inquiétude grandissante.
Grégory Benzekry, représentant de la CGT Éducation, souligne que "personne ne conteste les besoins de l'enseignement primaire, mais les élèves en situation de handicap ont besoin de stabilité". L'administration argue que cette réorganisation préparerait les élèves à l'autonomie, un argument qui ne convainc pas les protestataires.
Une proposition de réorganisation ignorée et des suites envisagées
Le 22 mars, l'équipe enseignante a proposé une réorganisation interne permettant de récupérer un poste, mais cette initiative est restée sans réponse de la part de la DSDEN, qui maintient son intention de déplacer les deux postes. Face à cette impasse, les parents d'élèves envisagent de saisir le Défenseur des droits pour faire valoir leurs préoccupations.
Lors d'une assemblée générale tenue mardi en début d'après-midi, les participants ont décidé de lever le piquet de grève pour la fin de la semaine et d'appliquer temporairement les mesures imposées par l'administration. "Nous avons finalement décidé de jouer le jeu", explique Grégory Benzekry, "nous allons voir ce que cela donne et nous ferons le point le 20 avril, jour de la rentrée".
Cette pause dans la mobilisation n'empêche pas la vigilance des acteurs concernés, qui restent déterminés à suivre l'impact de ces changements sur les élèves handicapés et à réagir si nécessaire. La situation à Mussidan illustre les tensions persistantes autour des ressources allouées à l'accompagnement des élèves en situation de handicap dans le système éducatif français.



