Landes : un mur de parpaings pour protester contre la fermeture d'une classe à l'école d'Arsague
Ce mardi 31 mars, dès 8 heures du matin, une opération coup de poing spectaculaire a été organisée devant l'école d'Arsague, dans le sud des Landes. Des parents d'élèves ont symboliquement construit un mur de plusieurs dizaines de parpaings non scellés, bloquant complètement l'accès à l'établissement scolaire. Cette action, baptisée « école morte », vise à dénoncer la fermeture annoncée d'une classe au sein du Regroupement pédagogique intercommunal (RPI) de l'ABCM, qui regroupe les écoles d'Arsague, Bonnegarde, Castel-Sarrazin et Marpaps.
Une mobilisation qui dure depuis février
Cette action symbolique fait suite à de nombreuses manifestations organisées par les parents d'élèves depuis le mois de février. La suppression annoncée d'une classe fait craindre pour la qualité des enseignements et les effectifs par classe de la prochaine rentrée scolaire. Coralie Licart, mère de deux enfants scolarisés au RPI et représentante des parents d'élèves, explique : « Depuis février, nous avons organisé huit manifestations et un gros rassemblement, sans effet à ce jour. Nous avons été reçus par Claudine Lajus, de l'inspection académique, mais nous n'avons aucune information concernant notre situation. »
Les élèves ont été regroupés au niveau de l'aire de jeux, puis dirigés vers le foyer municipal pour le reste de la journée, tandis que les enseignants les accueillaient et que de nombreux parents restaient sur place pour échanger avec eux.
Des conséquences concrètes sur le terrain
Une enseignante du RPI détaille les conséquences possibles de la disparition d'une classe : « La perte d'une classe, sur notre RPI, c'est deux classes qui passent à double niveau, avec des effectifs de 27 élèves : une grande section-cours préparatoire et un CM1-CM2. Nous passons d'une moyenne de 18,5 enfants par classe à 27 élèves répartis dans deux classes à double niveau. »
Les parents insistent sur la qualité des enseignements actuels, soulignant que les évaluations d'entrée au collège sont plus que favorables. La suppression envisagée tiendrait « juste à quelques élèves », selon Coralie Licart, qui ajoute : « On met dans la balance des statistiques départementales, mais nous, ce sont nos enfants qui seront impactés sur le terrain. »
Les maires mobilisés et des craintes pour l'avenir
Les maires des communes concernées étaient également présents sur place ce mardi matin. Jean-Yves Haurat, le maire d'Arsague, reconnaît une baisse des effectifs – passés de 110 à 94 élèves en quelques années – mais s'inquiète pour les rentrées à venir : « Sur des petits chiffres, ça tient à deux ou trois familles supplémentaires. Nous avons eu de nouveaux arrivants, deux familles avec trois enfants. Le problème, c'est que si les conditions d'enseignement se dégradent, certains parents risquent de se détourner du RPI. »
Il souligne que l'école représente le dernier service public de proximité qui fonctionne correctement dans la zone, même si des lacunes persistent concernant la présence de psychologue scolaire ou d'infirmière.
Des décisions attendues en fin de semaine
Du côté de l'Inspection académique, Claudine Lajus confirme que les instances vont se réunir d'ici la fin de semaine : avec les syndicats dès le jeudi, et avec le Département le vendredi. Des annonces sont attendues en fin de semaine, mais l'incertitude demeure quant à l'avenir de cette classe menacée.
Cette action symbolique du mur de parpaings illustre ce que les parents dénoncent comme « un blocage, une absence d'écoute » après plusieurs courriers envoyés à l'Inspection académique. L'entrée des enseignants était elle aussi neutralisée par cette construction éphémère, marquant visuellement leur mécontentement face à une décision perçue comme purement comptable.



