Décès de Monique Alexandre, éminente spécialiste de la patristique grecque
Monique Alexandre, spécialiste de patristique grecque, est décédée

Décès de Monique Alexandre, figure majeure des études patristiques

Monique Alexandre, professeure émérite de langue et littérature grecques à l'université Paris-Sorbonne, où elle occupa la prestigieuse chaire de patristique grecque et de judaïsme hellénistique, est décédée à Paris le 8 février dernier. Elle était âgée de 93 ans.

Une formation d'excellence et des rencontres déterminantes

Née Monique Barthélemy à Marseille le 24 juin 1932, elle évoquait avec élégance avoir « grandi sans Bible en milieu catholique ». Son parcours académique fut exceptionnel dès le lycée Thiers de Marseille, où elle suivit ses classes préparatoires. C'est dans cet établissement qu'elle croisa le chemin de futurs grands historiens de l'Antiquité tardive, notamment Marc Fumaroli, Luce Gascoin et Charles Pietri.

Admise première en 1951 à l'École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres, elle intégra ensuite Paris et l'École normale supérieure. Elle y forgea des amitiés intellectuelles durables avec des personnalités comme Françoise Autrand, Hélène Cixous, Mona Ozouf et Evelyne Patlagean.

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La révélation de l'Antiquité tardive et une carrière universitaire brillante

Son orientation intellectuelle fut marquée par l'enseignement de maîtres tels que Jean Daniélou et Pierre Chantraine. Mais c'est surtout en suivant, sur les conseils d'amis historiens, le cours d'Henri-Irénée Marrou en Sorbonne qu'elle connut une véritable révélation. L'approche de Marrou, qui inscrivait toujours le christianisme dans son cadre historique, l'Antiquité tardive, fut déterminante.

Reçue à l'agrégation de lettres en 1955, elle enseigna d'abord un an au lycée de Reims. Elle retourna ensuite à Sèvres comme « caïmane » (agrégée préparatrice) de grec de 1958 à 1962. Sur proposition de l'helléniste Pierre Chantraine, elle intégra la Sorbonne comme assistante, puis maître-assistante, de 1962 à 1970.

Sa carrière se poursuivit par deux décennies fructueuses à l'université de Poitiers, de 1970 à 1989. Elle fut finalement appelée à succéder à Jean Bernardi sur la chaire de patristique grecque à Paris-IV-Sorbonne, une chaire rendue mythique par sa prédécesseure, Marguerite Harl.

Monique Alexandre laisse derrière elle une œuvre scientifique considérable et l'image d'une universitaire rigoureuse qui a profondément marqué l'étude de la patristique grecque et du judaïsme hellénistique en France.

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