Une mobilisation qui persiste pour défendre l'école publique
La tension ne retombe pas à l'école Jules-Ferry de Bagnols-sur-Cèze. Ce mardi 7 avril, une soixantaine de personnes – enseignants, parents d'élèves et enfants – se sont rassemblées devant les grilles de l'établissement scolaire. Cette nouvelle manifestation, organisée à la sortie des classes vers 16h30, s'inscrit dans la continuité des actions menées les 26, 27 et 31 mars derniers. Le cortège a ensuite pris la direction des locaux de la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale (DSDEN), situés face au lycée Einstein.
Une lettre ouverte pour alerter les autorités
Face à ce qui est perçu comme un manque d'écoute des institutions, les parents d'élèves ont décidé de rédiger une lettre ouverte adressée au directeur académique des services de l'Éducation nationale (Dasen) du Gard. Guillaume Baudry, représentant local de la FCPE, dénonce : "Il refuse de nous voir depuis le début de l'année." Dans ce courrier, les signataires exigent "des moyens supplémentaires d'urgence" pour les écoles maternelle et primaire du groupe scolaire.
Les revendications portent notamment sur :
- Le retour dans le Réseau d'éducation prioritaire (REP)
- L'intégration dans le dispositif "école orpheline"
- L'ajout à la liste des établissements en situation sociale fragile hors éducation prioritaire
Des inquiétudes grandissantes avant la carte scolaire
Jessica Zeidour, déléguée syndicale du SNUDI-FO et professeure des écoles, souligne l'urgence de la situation : "Plutôt que de regarder des données chiffrées, il faudrait s'intéresser aux données humaines. C'est de plus en plus compliqué d'enseigner dans ces conditions." Cette mobilisation intervient à quelques jours seulement de la présentation de la carte scolaire dans le Gard, prévue le 9 avril.
Les pancartes brandies par les manifestants résument bien l'état d'esprit : "Des moyens pour l'école, pas des paroles" ou encore "REP refusée = école pénalisée". La lettre ouverte des parents est particulièrement alarmante : "Nos écoles sont en train de couler. Les personnels souffrent, malgré leur engagement sans faille."
La communauté éducative de l'école Jules-Ferry reste déterminée à faire entendre sa voix. Comme le rappelle Jessica Zeidour en tête du cortège : "On continue pour qu'on continue à entendre parler de nous." Cette mobilisation illustre les difficultés croissantes rencontrées par de nombreux établissements scolaires publics face aux restrictions budgétaires et aux réorganisations territoriales.



