Mobilisation citoyenne pour défendre l'éducation en Lot-et-Garonne
Le lundi 30 mars a été marqué par une forte mobilisation dans le département du Lot-et-Garonne, où élus et parents d'élèves se sont rassemblés pour protester contre les menaces de suppression de postes enseignants à la rentrée prochaine. Cette action concertée souligne les inquiétudes grandissantes concernant la qualité de l'éducation dans les zones rurales et prioritaires.
Montayral : une école en réseau d'éducation prioritaire sous pression
Devant l'école du Petit-Bois à Montayral, une manifestation pacifique a rassemblé parents et élus locaux. Leur inquiétude principale porte sur la possible fermeture d'une classe, annoncée en raison d'une baisse temporaire des effectifs en CP. « À la rentrée prochaine, l'école recevra seulement 15 élèves de CP, contre davantage les années précédentes », explique une mère d'élève impliquée dans le mouvement.
Cette école, classée en Réseau d'éducation prioritaire (REP), bénéficie actuellement d'un dédoublement des classes de CP et de CE1, avec deux professeures des écoles habilitées. « Si un poste ferme cette année, les conditions de travail de nos enfants se dégraderont considérablement », alerte la représentante des parents d'élèves. Elle craint surtout que ce poste ne soit pas restitué l'année suivante, obligeant une enseignante à quitter l'établissement.
Les parents soulignent que cette baisse d'effectifs est passagère, avec des cohortes futures comptant 23 puis 25 élèves en maternelle. Cette situation temporaire pourrait donc avoir des conséquences durables sur la structure pédagogique de l'école.
Monsempron-Libos : préparation d'une journée « école morte »
À quelques kilomètres de là, à Monsempron-Libos, la mobilisation prend une autre forme. Les parents d'élèves de l'école Jean-Moulin distribuent activement des tracts pour annoncer une journée « école morte » prévue ce jeudi. Cette action déterminée répond également à une menace de fermeture de classe pour la rentrée prochaine.
Les parents reconnaissent que les effectifs baisseront (19 entrées pour 29 départs), mais ils estiment que leur établissement mérite un traitement plus favorable. « Notre école compte 50 % d'élèves issus de milieux défavorisés et son Indice de population sociale (IPS) ne cesse de baisser », détaille un parent engagé.
Il pointe une incohérence : bien que l'école ne soit plus classée en REP, elle ne bénéficie pas des classes dédoublées en CP et CE1, contrairement à des établissements voisins dont l'IPS est parfois meilleur. « Notre territoire est déjà fragilisé par un accès difficile aux soins et une précarité importante », ajoute-t-il, soulignant l'importance de préserver de bonnes conditions d'apprentissage.
Un investissement local important en jeu
Les élus locaux, qui ont investi près d'un million d'euros dans les écoles de ces communes, soutiennent fermement cette mobilisation. Leur objectif commun est de « préserver de bonnes conditions d'apprentissage pour tous les élèves », malgré les contraintes budgétaires.
Les participants à ces mouvements se disent prêts à poursuivre leur mobilisation si la décision administrative, attendue vendredi, s'avère défavorable. Cette détermination illustre l'attachement profond des communautés locales à leur école publique et leur volonté de défendre un service éducatif de qualité, particulièrement dans les zones rurales et défavorisées.
Ces événements dans le Lot-et-Garonne s'inscrivent dans un contexte national de tensions autour des moyens alloués à l'éducation prioritaire et des fermetures de classes en milieu rural. Ils témoignent de l'engagement citoyen pour préserver l'égalité des chances en matière d'éducation.



