Pyrénées-Atlantiques : mobilisation contre la suppression de 50 postes d'enseignants
Mobilisation contre 50 suppressions de postes enseignants dans le 64

Pyrénées-Atlantiques : une intersyndicale sonne l'alarme face à la suppression de 50 postes d'enseignants

Dans les Pyrénées-Atlantiques, une intersyndicale regroupant la CGT Éducation, le FNEC-FP-FO, la FSU, l'Unsa Éducation et Sud tire la sonnette d'alarme. Ces organisations syndicales redoutent en effet la suppression de pas moins de cinquante postes d'enseignants à la rentrée scolaire prochaine, une perspective qu'elles jugent catastrophique pour le service public d'éducation.

Un « non-sens pédagogique » dénoncé avec force

« C'est un non-sens pédagogique. On va mettre à mal le service public », s'indigne avec véhémence Olivia Queysselier, la déléguée départementale du FNEC-FP-FO. Comme l'ensemble des syndicats de l'éducation dans le département, elle craint une coupe sombre de vingt-trois postes dans le premier degré et de vingt-sept autres dans le second degré. Pour tenter de limiter ce qu'elle qualifie de « casse de l'école publique », l'intersyndicale lance un appel pressant à la grève et à la manifestation. Deux dates sont fixées : les 10 et 31 mars prochains, devant le Rectorat à Pau.

Ces journées de mobilisation sont stratégiques, car ce sont précisément à ces dates que les instances départementales doivent arbitrer et annoncer les fameuses cartes scolaires pour le premier et le second degrés. L'appel à la mobilisation est large et inclusif : parents d'élèves, professeurs, AESH (Accompagnants d'Élèves en Situation de Handicap), AED (Assistants d'Éducation)... Tous sont conviés à se rassembler pour, selon les mots des syndicats, « préserver leur service public local ».

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La baisse démographique : un prétexte contesté

Selon l'intersyndicale, la justification avancée pour ces suppressions de postes serait une baisse démographique de 945 élèves dans le premier degré. « La baisse démographique aurait pu être un outil pour nous aider à accompagner les élèves au mieux », déplore amèrement Barthélémy Mottay, représentant de la FSU des Pyrénées-Atlantiques. Il souligne ainsi une occasion manquée d'améliorer les conditions d'encadrement plutôt que de réduire les effectifs.

Clément Pottier, également pour la FSU 64, apporte un éclairage comparatif saisissant. Il rappelle que la France est loin d'être un modèle en matière de ratio élèves-enseignants. Dans le premier degré, la moyenne nationale s'établit à 21 élèves par classe, alors que la moyenne au sein de l'Union européenne plafonne à 19,7. Le Rectorat, de son côté, mettrait en avant une courbe montrant l'évolution du ratio professeur par élève depuis 2012.

Mais pour l'intersyndicale, ce graphique est trompeur. Le constat est unanime : si cette courbe est effectivement en hausse, le progrès est dérisoire. « On a à peine gagné un enseignant pour 100 élèves en quinze ans. Ce n'est pas ce qu'on appelle un chiffre satisfaisant », pointent-elles du doigt. Un autre motif de mécontentement majeur réside dans l'évolution et la complexification des missions enseignantes. Les syndicats citent notamment l'éducation des élèves en situation de handicap, « qui n'est plus circonscrite aux établissements spécialisés », nécessitant davantage de moyens humains et non moins.

Un appel aux élus en pleine période électorale

Dans le contexte des campagnes municipales, l'intersyndicale nourrit l'espoir de voir des élus se joindre à leur mouvement les 10 et 31 mars à Pau. Cette mobilisation dépasse ainsi le simple cadre syndical pour interpeller directement la classe politique locale sur l'avenir de l'école dans les Pyrénées-Atlantiques. L'enjeu est de taille : préserver la qualité et l'accessibilité du service public d'éducation face à des coupes budgétaires perçues comme profondément néfastes.

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