Parents et élus dénoncent le manque d'AESH à l'école d'Aniane : « Des enfants sacrifiés »
Manque d'AESH à Aniane : parents et élus alertent

Une mobilisation citoyenne face au manque d'accompagnants

Dans la commune d'Aniane, située dans le département de l'Hérault, une inquiétude grandissante anime les parents d'élèves et les élus locaux. Le non-remplacement des AESH, les accompagnants d'élèves en situation de handicap, au sein de l'école élémentaire, a conduit à une mobilisation active. L'association de parents d'élèves FCPE a lancé une pétition sur les réseaux sociaux, qui a rapidement recueilli plus de 1 600 signatures en l'espace d'une semaine. Cette initiative vise à interpeller directement l'Inspectrice de l'Éducation nationale de la circonscription de Gignac, la Direction académique des services de l'Éducation nationale de l'Hérault, ainsi que la Rectrice de l'Académie.

Des moyens insuffisants depuis la rentrée scolaire

Depuis le début de l'année scolaire, plusieurs postes d'AESH sont restés vacants, sans être pourvus. Ces professionnels sont pourtant essentiels, car ils s'occupent spécifiquement des enfants notifiés par la Maison départementale des personnes handicapées. Florie Abras, membre de l'association FCPE, détaille la situation alarmante : « En primaire, il y a un volant de 152 heures prévues, ce qui correspond normalement à sept AESH en équivalent temps plein. Actuellement, il en manque deux. En maternelle, les deux mi-temps ne sont pas remplacés, ce qui équivaut à zéro AESH. Depuis octobre, nous avons dû supprimer des heures à certains enfants pour pouvoir s'occuper d'autres. Les retards d'apprentissage s'accumulent de manière préoccupante. »

Le témoignage poignant d'une mère inquiète

Anne-Laure, mère de Roman, un élève de CP à l'école d'Aniane, partage son expérience personnelle. Son fils, qui devrait bénéficier de 12 heures d'accompagnement mutualisé, n'en reçoit actuellement que 5. « Déjà, en grande section l'an dernier, il n'a pas eu d'AESH. Au début, nous n'avons rien dit, mais la situation devient de plus en plus compliquée. En CP, l'apprentissage de la lecture et de l'écriture est fondamental. Nous constatons que ses résultats scolaires sont en baisse. Il éprouve des difficultés de motricité fine, comme découper et coller dans son cahier, ce qui génère de la confusion. »

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Elle ajoute, avec une inquiétude palpable : « Il passe plus de temps en classe, mais il a du mal à suivre le rythme. Le soir, il est épuisé, ce qui rend les devoirs difficiles. Résultat, il accumule des lacunes et commence à se décourager. Les AESH présentes courent dans tous les sens, les enseignants font ce qu'ils peuvent, mais cela ne suffit plus. »

Une enseignante spécialisée absente et non remplacée

La situation se complique davantage avec l'absence, depuis la rentrée, de la maîtresse E., une enseignante spécialisée chargée de l'aide pédagogique aux élèves en difficulté. Elle est actuellement en arrêt maladie, et son rôle est crucial, car elle accompagne également les équipes éducatives et participe aux dispositifs d'aide. La FCPE exige son remplacement immédiat, soulignant que cette absence aggrave les problèmes d'accompagnement des élèves.

Le soutien ferme de la municipalité

Du côté de la mairie d'Aniane, l'inquiétude est partagée. Anne Dominique Israël, déléguée à l'Enfance-Jeunesse, exprime un soutien absolu aux parents mobilisés. « Les parents d'élèves font vraiment leur rôle. La question de l'inclusion est primordiale. Nous avons un grand nombre d'enfants orientés par la MDPH, et nous devons les accompagner ! Les AESH sont sous pression, elles assurent plusieurs fonctions, se contorsionnent jusqu'à l'épuisement, et ensuite, elles ne sont pas remplacées. »

Elle poursuit, avec émotion : « On demande aux enseignants de s'occuper de chaque enfant, mais sans les dispositifs adéquats, c'est impossible ! Nous avons la chance d'avoir une équipe pédagogique incroyable et dévouée. Avec peu de moyens, elle accomplit presque des miracles. Mais les enseignants ne sont pas surhumains, et tout ne peut pas reposer sur les collectivités. Pour nous, ce sont des gamins sacrifiés. »

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Un appel à l'action pour une école réellement inclusive

La pétition lancée par la FCPE a pour objectif clair : obtenir des solutions urgentes et durables afin de garantir une école réellement inclusive. Les signataires demandent aux autorités éducatives de prendre des mesures concrètes pour combler les postes vacants d'AESH et assurer un accompagnement adapté à tous les enfants en situation de handicap. Cette mobilisation met en lumière les défis persistants de l'inclusion scolaire en France, particulièrement dans les zones rurales comme Aniane, où les ressources peuvent être limitées.

Les parents, soutenus par les élus locaux, restent déterminés à faire entendre leur voix. Ils espèrent que cette action collective permettra de sensibiliser les décideurs et de provoquer des changements rapides, pour que chaque enfant, quel que soit son handicap, puisse bénéficier d'une éducation de qualité et d'un accompagnement digne.