Lycéens de Mende : « On veut que cette lutte nous appartienne »
Lycéens de Mende : « On veut que cette lutte nous appartienne »

À Mende, en Lozère, la manifestation lycéenne du mercredi 7 octobre 2026 a rassemblé entre 100 et 150 personnes, selon les organisateurs. Les élèves des trois lycées de la ville (Chaptal, Émile-Peytavin et Notre-Dame) ont défilé pour la deuxième fois, en affirmant leur indépendance vis-à-vis des partis politiques et des syndicats. La consigne était stricte : ni drapeaux, ni banderoles, ni chasubles, afin que le mouvement reste celui des jeunes.

Des lycéens qui revendiquent leur autonomie

« On a demandé aux syndicalistes qu’ils viennent en tant que citoyens, on veut que cette lutte nous appartienne », explique Agathe, élève au lycée Chaptal et porte-parole du mouvement. Les manifestants ont utilisé des pancartes mises à disposition, plutôt que des signes distinctifs des organisations.

Face aux accusations de manipulation, les lycéens opposent un discours ferme. « Oui, les lycéens sont politisés, et certains n’acceptent pas qu’ils le soient. Pourtant nous aussi nous avons le droit de donner notre avis », ajoute Agathe, qui rappelle que « tout sujet est politique ». Elle insiste sur la différence entre les revendications des syndicats et des partis, et celles des lycéens, même si elles se ressemblent.

Un cortège où les adultes restent en retrait

La rupture entre jeunes et adultes s’est matérialisée dans l’ordre du cortège : les adolescents en tête, les professeurs, syndiqués et représentants politiques plus en retrait. Une militante de La France Insoumise présente sur place assume ce positionnement : « Nous venons en soutien et pour assurer leur protection, mais en aucun cas nous leur disons quoi faire. C’est leur mouvement. Nous restons volontairement en retrait. »

Le mouvement, bien que majoritairement marqué à gauche – la culture de la manifestation étant plus ancrée dans ces milieux –, rassemble aussi des personnes sans engagement politique. Cette diversité rend difficile de le réduire à une simple récupération par la gauche et les syndicats.

Des revendications qui dépassent les clivages

Certains lycéens, comme Rémy, en terminale au lycée Émile-Peytavin, condamnent les slogans anti-Rassemblement national entendus pendant la marche : « Ça n’a rien à faire ici ! À la base, c’est pour avoir des professeurs qu’on est ici, pas pour faire de la politique. » Clémence et Jane, élèves de terminale au lycée privé Notre-Dame, partagent cet avis, même si elles ont des valeurs de gauche et de droite. « On n’est pas là pour ça », disent-elles.

La mobilisation réunit donc un spectre politique large : des lycéens engagés qui l’assument, d’autres qui revendiquent leur neutralité, et certains qui ne se reconnaissent dans aucun courant. Tous participent au même mouvement et portent les mêmes revendications, principalement le manque de professeurs. À Mende, les adultes sont présents, mais ce sont les jeunes qui donnent le ton.