Réforme du lycée pro : le parcours différencié en fin d'année supprimé après un échec avéré
Lycée pro : fin du parcours différencié après l'échec de la réforme

Le ministre de l'Éducation admet l'échec de la réforme du lycée professionnel

Dans une interview accordée aux Échos mardi 17 février, Édouard Geffray, ministre de l'Éducation, a reconnu sans détour l'échec de la dernière réforme du lycée professionnel. « Il y a un constat d'échec et il faut en tirer les conséquences », a-t-il déclaré, faisant référence au parcours différencié instauré depuis la rentrée 2024-2025.

La fin de l'année à la carte supprimée

Ce dispositif controversé, qui offrait aux élèves un choix entre un stage et une préparation à la poursuite d'études durant les six dernières semaines de cours, va être abandonné. Les épreuves du baccalauréat professionnel retrouveront leur calendrier initial, avec une tenue à la mi-juin au lieu du début mai. Cette mesure vise à mettre un terme aux désertions massives observées en juin 2025, où les lycéens, libérés de la pression des examens, avaient quitté les établissements et leurs lieux de stage.

Le syndicat ID-FO avait ironisé sur cette situation en déclarant : « Y comme “Y a plus personne” ». Le ministre lui-même concède : « Ils ne sont allés ni en stage ni en cours ». Les syndicats d'enseignants et de chefs d'établissement avaient pourtant alerté sur cette catastrophe annoncée, prédisant les problèmes liés à un parcours différencié organisé après les épreuves du bac.

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Une réorganisation du parcours différencié

Malgré cet échec, Édouard Geffray assure que le parcours différencié sera maintenu, mais sous une forme radicalement modifiée. Dès l'année scolaire 2026-2027, l'organisation sera confiée aux chefs d'établissement, qui devront réserver deux semaines, consécutives ou non, avant la mi-mars. Cette période, située en amont de la clôture des vœux sur Parcoursup, aura pour objectif de consolider l'orientation des élèves.

Selon le ministre, ces deux semaines pourront être utilisées soit pour prolonger les périodes de stage, soit pour renforcer les savoirs académiques des élèves souhaitant poursuivre leurs études. Ces changements concerneront directement les élèves actuellement en première, qui seront les premiers à expérimenter ce nouveau dispositif.

Les syndicats dénoncent une incohérence persistante

Les syndicats d'enseignants, informés de ces décisions dans l'après-midi du 17 février, ont exprimé leur agacement et leur scepticisme. Pour Axel Benoist du SNUEP-FSU, « cette annonce acte l'échec du parcours différencié, et le fait de maintenir deux semaines réparties dans l'année montre une volonté de sauver les apparences ».

Il s'interroge sur l'efficacité réelle de ces deux semaines : « Ces deux semaines sont censées aider les jeunes à préparer leur orientation, mais elles seront valorisées dans Parcoursup ? ». Selon lui, « c'est une incohérence de plus », car « le travail d'orientation ne peut pas être fait en quinze jours, il se réfléchit sur les trois années du lycée, en lien avec les professeurs ».

Cette réforme du lycée professionnel continue donc de susciter des interrogations, alors que le ministère tente de corriger le tir après un échec largement anticipé par les acteurs de terrain. La volonté de maintenir une forme de parcours différencié, même réduite et réorganisée, montre la difficulté à trouver un équilibre entre flexibilité pédagogique et cadre structurant pour les élèves.

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